C'est l'histoire d'une réforme menée en six mois, au pas de charge selon certains, et finalement repoussée d'un an. C'est l'histoire d'un ministre de l'Education nationale qui déclarait sur Europe 1, il y a seulement une semaine : « Je ne suis pas ministre de l'hésitation nationale, j'ai un devoir pour les générations futures. » Coup de théâtre, hier : Xavier Darcos, de retour d'un déplacement officiel en Israël ponctué de coups de fil inquiets, annonce que la nouvelle seconde, première étape d'une réforme globale du lycée, n'entrera pas en vigueur à la rentrée prochaine, comme prévu, mais en septembre 2010.
Pourquoi une telle marche arrière alors que la mobilisation des enseignants, des parents d'élèves, des lycéens apparaît limitée ? Réponse officielle du ministère : « Xavier Darcos veut prolonger les discussions sur le lycée, estimant le consensus établi avant l'été menacé par des rumeurs qui créent un climat anxiogène. » Réponse officieuse, sans doute plus proche de la vérité, émanant de responsables syndicaux : « L'Elysée a demandé à Xavier Darcos de lever le pied, notamment par crainte d'un mouvement à la grecque. » Les manifestations entamées il y a une quinzaine de jours, dans l'ouest de la France notamment, se sont vite radicalisés, le contexte général de crise et les réminiscences de l'agitation anti-CPE auraient poussé au recul. « Nicolas Sarkozy cherche peut-être aussi à protéger Darcos », un des chouchous du président, glisse un responsable syndical. Dès janvier les parties vont s'asseoir autour d'une table pour repenser, plus sereinement, le lycée dans sa globalité. Retour à la case départ ?