Reculer pour mieux sauter ? La réforme n'est pas officiellement enterrée, simplement repoussée à 2010 pour la seconde, à 2011 pour la première et à 2012 pour la terminale. C'est exactement ce que souhaitaient les syndicats, tout à fait prompts à entamer la refonte du lycée et du baccalauréat. De l'avis général, le système actuel ne joue pas assez bien le rôle de passerelle vers l'enseignement supérieur (lire encadré).
Pour autant, il est difficile à ce jour d'imaginer sur quelles bases les discussions vont reprendre. Certes, l'objectif commun reste d'assurer la réussite scolaire de tous les élèves en leur donnant plus d'autonomie, plus de possibilités de réorientation et un cursus plus personnalisé, conformément au protocole d'accord signé par les syndicats et le ministère. Mais dans le détail, l'articulation de la seconde autour d'un tronc commun avec des modules et du soutien obligatoires, ainsi que le découpage de l'année en deux semestres seront-ils maintenus ? L'UNL, syndicat lycéen, se prononce contre la fin des trois trimestres. Quant aux filières littéraire (L), économique (ES) et scientifique (S) - sujet sensible - elles doivent être « décloisonnées », selon le syndicat. Le ministère de tutelle l'entendra-t-il de cette oreille ? Une chose est sûre, le lifting du lycée va désormais être repensé dans sa globalité, et non niveau par niveau. Selon Gérard Aschieri de la FSU, syndicat majoritaire, « on va reprendre la discussion à zéro ». Avec la crainte, pour certains, que la réforme soit vidée de sa substance.
L. de C.