Le retrait de la réforme du lycée: le premier véritable échec du président Sarkozy

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Publié le 16 décembre 2008.

REVUE DE PRESSE - Le recul de Darcos freine un quinquennat mené jusqu'ici à toute vitesse...

Les éditorialistes sont unanimes. Comme souvent, le terrain miné de l’éducation a fait reculer le gouvernement. Et tous voient dans le retrait de la réforme des lycées de Xavier Darcos la première véritable reculade du quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Le «Télégramme» estime qu'il s'agit d'une «reculade rapide et sans bavure». Ce qui réjouit Jean-Paul Piérot, qui note dans «L'Humanité» que «les occasions de faire reculer le gouvernement ne sont pas si fréquentes, pour ne pas saluer le premier round que viennent de remporter les lycéens contre Xavier Darcos».

Le profil grec

L'explication serait-elle à chercher du côté de la Grèce? Beaucoup y trouvent un début de réponse. «La Charente Libre» entrevoit «le signe du pire des renoncements. Celui qui est dicté par la peur de la rue». C’est la crainte d'une «contamination venue d'Athènes» pour «Le Dauphiné Libéré», ou bien encore «l’épouvantail grec» pour le «Midi Libre».

Même argument dans «Libération», où l’on sent «chez l’équipe au pouvoir une hésitation, une peur de l’émeute, la crainte de débordements». «On est loin du volontarisme réformateur, plus près du pragmatisme et de l'immobilisme», résume laconiquement Jean-Marcel Bouguereau dans l'éditorial de «La République des Pyrénées».

Une «soudaine chiraquisation de Nicolas Sarkozy»?

«L'Est Républicain» se demande s'il faut voir dans «cet enterrement un tournant du quinquennat». Auquel cas, pour «Paris Normandie», le «temps des réformes menées au pas de charge, sans vraiment écouter, mais sans rencontrer non plus de véritable opposition, c'est peut-être déjà le passé». Même analyse à «La Voix du Nord», qui estime que «c'est tout le programme de réforme encore à mener qui est fragilisé par ce précédent.»

Un «Républicain Lorrain» ironique se demande s'il s'agit d'une «soudaine chiraquisation de Nicolas Sarkozy» ou bien «un sens du compromis inusité».

Les sombres augures de Luc Ferry

Au milieu de ces critiques acérées, quelques voix se veulent plus nuancées. «Une réforme des lycées s’impose» pourtant, tout comme «la nécessaire modernisation de notre système éducatif et son adaptation à un nouvel environnement», écrit «La Montagne». A l'image de «Ouest-France», qui martèle qu’une «réforme s'impose». «Elle devra attendre», regrette le quotidien. «L'Union» déplore qu’«une fois de plus, la mention très bien est délivrée au macadam des lamentations».

Laissons la conclusion au plus philosophe de nos anciens ministres de l’Education, Luc Ferry, dans un entretien au «Figaro»: «Malheureusement quand on reporte une réforme, ça signifie en langage politique qu'elle est enterrée. Moi aussi, Jean-Pierre Raffarin m'avait dit: tu verras, on la refera l'an prochain ta réforme. Je n'étais évidemment pas dupe.»
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