Travail dominical: ce serait «vraiment miraculeux» que les débats commencent avant Noël

Publié le 16 décembre 2008.

REACTIONS - Les débats à l'Assemblée s'annoncent houleux, avec plus de 4.000 amendements déposés...

La majorité a annoncé lundi soir avoir trouvé un «compromis» sur le travail du dimanche à la suite d'une réunion à l'Elysée avec Nicolas Sarkozy. Place désormais aux débats à l'Assemblée, qui s'annoncent houleux avec plus de 4.000 amendements déposés. Initialement prévus ce mardi après-midi, ils pourraient cependant être reportés à mercredi car sont conditionnés à la fin de l'examen de la réforme sur l'audiovisuel.

Jean-François Copé, patron des députés UMP, s'est félicité du «vrai esprit de consensus» dans lequel ses sont déroulées les discussions. Il estime cependant qu'il serait «vraiment miraculeux» si la discussion pouvait débuter avant Noël à l'Assemblée nationale, à cause de ce qu'il estime être de «l'obstruction» de la gauche sur l'audiovisuel public.

Même le député UMP anti-travail dominical Bernard Reynès s'est félicité d'avoir senti «chez le président de la République était une volonté d'écouter, de comprendre nos positions». Un autre opposant UMP, Marc Le Fur, se réjouit également: «Désormais les choses sont très claires. Il n'y a plus création de zones d'aménagement commercial exceptionnel, c'est ce que nous voulions. La nature du débat n'est plus du tout la même, il ne reste qu'un débat technique.»

Interrogée en conférence de presse sur une éventuelle déception née du compromis, Laurence Parisot a répondu: «Non. Ce qui est bien, c'est le mouvement. On avance au meilleur rythme possible». La patronne de Medef a cependant déploré le «glissement sémantique» dans ce dossier, estimant que «le débat n'est pas sur le travail le dimanche (...) mais sur l'ouverture de certains commerces le dimanche».

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Du côté de l'opposition, cependant, on s'indigne notamment contre l'intention de délivrer des autorisations aux municipalités bénéficiant déjà des «usages constatés», c'est-à-dire de dérogations des préfectures. Jean-Marc Aytault s'est déclaré «choqué que des députés UMP acceptent de légaliser l'illégalité». Le président du groupe PS à l'Assemblée a ajouté que «partir de l'usage pour légaliser les infractions, c'est une invention législative que nous ne pouvons que condamner».

Le député PS Christian Eckert avait déclaré lundi soir que le compromis se dessinant à l'UMP sur le travail dominical, s'il constitue une «reculade» de Nicolas Sarkozy, vise à «régulariser les hors-la-loi».

«Il n'y a pas de changement de cap, il n'y a pas de reculade», se défend Nadine Morano. Pour la secrétaire d'Etat chargée de la Famille, il ne s'agit que d'une «démarche d'adaptation, d'assouplissement, de pragmatisme».

Martine Aubry est presque du même avis. La première secrétaire du PS a jugé mardi que le compromis sur le travail du dimanche n'était «pas un recul» ni «un abandon du projet» par le gouvernement, et a répété que le Parti socialiste allait combattre cette réforme de manière «acharnée». Elle promet une «bataille parlementaire avec un groupe (PS) extrêmement mobilisé».

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