JUSTICE - L'avocat général a requis 20 ans de prison contre le roi de la belle...
Après des semaines chaotiques, avec des
audiences parfois grandguignolesques,
des incidents à répétition liés aux
conditions de détention et le
départ fracassant du principal accusé, le 7 novembre dernier, le procès Ferrara va connaître son acte final. Mais il faudra encore attendre un peu. Initialement attendu ce samedi, le verdict du procès pour l'évasion de Fresnes, en 2003, du roi de la belle ne devrait en fin de compte être rendu que dimanche par la cour d'assises de Paris, selon des sources proches du dossier citées par l'AFP.
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Les délibérations de la cour, composée de la présidente Janine Drai, des deux magistrats assesseurs et des neuf jurés, qui doit répondre à 465 questions sur les responsabilités respectives de 21 accusés, se poursuivaient vendredi en fin d'après-midi dans un lieu tenu secret, tout contact avec l'extérieur étant interdit.
20 ans requis contre le roi de la belle
Des peines allant de quatre mois à vingt ans de prison, ainsi qu'un acquittement, ont été réclamées le 4 décembre par les avocats généraux,
la réquisition la plus sévère visant Nino Ferrara.
Six peines de dix-huit ans de réclusion ont été demandées à l'encontre des membres présumés du commando (Moussa Traoré, Doumé Battini le Corse...) venu libérer le braqueur multirécidiviste avec armes automatiques et explosifs, le
12 mars 2003 à 04h15 à Fresnes, dans le Val-de-Marne.
Dix ans
ont été requis à l'encontre du surveillant Hocine Kroziz, accusé de complicité.
«Il n'a pas de sang sur les mains, c'est un homme d'honneur»
Les débats ont pris fin jeudi soir après les derniers mots de Diego, 28 ans, le petit frère de Ferrara, qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau. Il est venu au secours d’Antonio en implorant ne pas «l'achever» avec une lourde peine. Antonio Ferrara, 35 ans, qui a refusé l'offre de s'exprimer une dernière fois, «n'a pas de sang sur les mains, c'est un homme d'honneur!», a assuré Diego.
«Je n'ai jamais trahi les devoirs de mon serment d'avocat, je suis humilié, déshonoré d'être présent dans ce prétoire sans ma robe», avait déclaré un peu avant l'avocat
Karim Achoui, accusé d'avoir donné le «top départ» de l'évasion et contre lequel sept ans de prison ont été requis.
«Sa tête, vous l'avez déjà!»
Un autre accusé, Hamed Illouli, ami de Ferrara, a étouffé un sanglot en avertissant la cour qu'avant même sa probable condamnation samedi, le braqueur «ne peut espérer retrouver la liberté avant 2030 ou 2040». Antonio Ferrara doit être rejugé en appel dans deux affaires de braquage qui lui ont valu en première instance en 2006 quinze puis onze ans de réclusion.
En requérant vingt ans pour l'évasion de Fresnes, «ça n'est pas sa tête que vous réclamez, c'est ce qu'il y a à l'intérieur, sa tête, vous l'avez déjà!», a ajouté Illouli, considéré par l'accusation comme le «coordonnateur» de l'évasion, et contre lequel treize à quinze ans ont été réclamés
Avec agence