Bruno Le Maire, villepiniste «programmé» pour être ministre

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Publié le 12 décembre 2008.

PORTRAIT - En le nommant secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Nicolas Sarkozy poursuit d'une certaine façon son travail d'ouverture...

En nommant Bruno Le Maire secrétaire d'Etat aux Affaires européennes ce vendredi, Nicolas Sarkozy poursuit d'une certaine façon son travail d'ouverture. En lieu et place de Jean-Pierre Jouyet, ancien collaborateur de Lionel Jospin, c'est en effet un ex-lieutenant de Dominique de Villepin qui fait son entrée au gouvernement.

Une plume

A 39 ans, cet énarque a fourbi ses armes en étant de tous les cabinets Villepin entre 2002 et 2007: de l'Intérieur à Matignon, en passant par les Affaires étrangères, où il a été la plume du ministre, inspirant notamment le discours de février 2003 prononcé devant le Conseil de Sécurité contre la guerre en Irak.

Cette période de la vie politique de Villepin, Bruno Le Maire la raconte dans l'un de ses deux ouvrages, «Le Ministre», paru en 2004. Son second opus est également consacré à son mentor. «Des hommes d'Etat» dépeint la lutte du triumvirat Chirac-Sarkozy-Villepin au sommet de l'Etat entre 2005 et 2007.

Un «techno atypique»

En 2007, sa carrière politique s'accélère avec son élection, considérée par ses adversaires de l'époque comme un parachutage, comme député de la 1ère circonscription de l'Eure. Il remplace alors Jean-Louis Debré, en partance pour la présidence du Conseil constitutionnel.

A l'Assemblée, Benoist Apparu le décrit comme «un techno atypique. Il a le profil brillant du haut fonctionnaire doublé d'un bon vivant qui n'est pas le dernier à raconter des conneries». Et pour le député UMP de la Marne, son parcours lui permet de se prévaloir aujourd'hui d'une «connaissance délirante de l'Etat», ajoutant qu'il «connaît la moitié des dirigeants européens par cœur».

Programmé pour être ministre

«Avec tout ça, ce garçon était programmé pour devenir ministre», dit de lui le député villepiniste Jean-Pierre Grand. Et pour un ancien diplomate, germanophone de surcroît, la voie vers le secrétariat d'Etat aux Affaires européennes semblait toute tracée.

Reste son attachement à son ancien mentor, avec lequel Bruno Le Maire n'est plus autorisé à communiquer depuis 2007 et la mise en examen de Villepin dans l'affaire Clearstream. Attachement qu'il se refuse à renier. En novembre dernier, il affirmait encore avoir «servi un homme qui a toujours eu comme exigence, dans toutes ses décisions publiques, l'intérêt général et le service de l'Etat.»

A l'UMP depuis 2007

Une fidélité qui, loin de lui attirer les foudres de Nicolas Sarkozy, semble avoir joué en sa faveur. «Il s'agit de prendre à l'adversaire certains de ses lieutenants», résume le député UMP du Morbihan, François Goulard. En mars dernier, Bruno Le Maire avait d'ailleurs déjà été nommé conseiller politique du parti majoritaire, auquel il n'est adhérent que depuis 2007.

Mais pour Daniel Garrigue, le nouveau secrétaire d'Etat aux Affaires européennes ne doit sa nomination qu'à «son expérience, sa hauteur de vue, et sa conviction européenne». Le député (UMP?) de la Dordogne, lui aussi proche de Villepin, estime que la proximité de Bruno Le Maire avec l'ancien Premier ministre n'a «joué aucun rôle» dans son entrée au gouvernement.

Daniel Garrigue souhaite bonne chance à son ami dans la «tâche exigeante qui l'attend». Un juste retour des choses, puisqu'il a confié à 20minutes.fr que Bruno Le Maire faisait partie des quelques politiques qui lui avaient témoigné son soutien quand il a décidé, le 5 décembre dernier, de claquer la porte de l'UMP pour fonder son propre parti. Il entendait ainsi marquer son désaccord avec la gestion de Nicolas Sarkozy.
Julien Ménielle
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