Ils sont peu nombreux, quelques centaines seulement, mais assez pour s'introduire dans un lycée privé, arracher les extincteurs, asperger profs et élèves, casser des vitres et molester un proviseur. Parallèlement aux défilés, qui ont réuni hier environ 15.000 personnes, des incidents violents opposent jeunes et gendarmes mobiles à l'ouest d'une ligne Caen-Marseille depuis plusieurs jours.
«Le mouvement lycéen se radicalise plus fort et surtout plus vite que d'habitude, c'est très inquiétant», observe Philippe Guittet, du syndicat des chefs d'établissement. Ainsi à Lille, Nantes, Brest, des jeunes ont déjà bloqué leur lycée - une trentaine en tout - au lieu d'attendre le pic de la mobilisation. Et les échanges pavés contre gaz lacrymogènes ont déjà commencé.
Le risque de contagion semble limité
Pour le syndicat lycéen UNL, «les électrons libres ne sont pas canalisables car les structures ne sont pas en place faute de mot d'ordre précis ». Justement, « l'absence d'interlocuteur a de quoi inquiéter le gouvernement », souligne Robi Morder, spécialiste des mouvements étudiants. Face à des trublions en roue libre - lycéens ou pas (lire ci-dessous) -, le risque de bavure n'est jamais loin. L'entourage du ministre nous l'a confirmé hier : « Nous faisons attention aux casseurs qui infiltrent le mouvement. »
Il faut dire que les ministres de l'Education destitués à la suite de mobilisation lycéenne d'ampleur ne sont pas rares. Pour autant le risque de contagion semble limité malgré un climat de tensions alimenté par la crise et les événements d'Athènes. Pour l'heure, c'est le calme plat dans les établissements réputés sensibles des académies de Grenoble, Toulouse et Créteil.