Copé marque Bertrand à la culotte

42 contributions
Publié le 8 décembre 2008.

POLITIQUE - Alors que son grand rival accède à la tête du parti, le patron des députés UMP trace sa route avec détermination...

L’élection présidentielle de 2017 est leur Graal. Jean-François Copé et Xavier Bertrand voient loin, et la valeur d’une pique d’aujourd’hui doit être relativisée, tant le combat va être long et acharné. Le président Sarkozy, qui se reconnaît dans ces deux ambitieux, ne fait rien pour les dissuader de s’écharper.

Vendredi 28 novembre, dans la voiture qui les emmène sur le chantier de la ZAC de l'Etang aux cygnes à Meaux, le fief de Copé, le président du groupe UMP titille Nicolas Sarkozy: «Tu as prévu de filer les clefs de la maison à Xavier Bertrand? Tu devrais garder un double!» Laconique, le président dément: «Rien n'est fait!» Tout était alors permis. Depuis, le chef de l’Etat a effectivement confié les clés à Bertrand, prenant le risque de consacrer un de ses successeurs potentiels.

«100% libre»

Ecarté, l’habile Jean-François Copé n’a certainement pas sombré dans le désespoir. Parce qu’il n’en pas le luxe, tout d’abord: le patron des députés UMP est actuellement sollicité de toute part, il doit gérer la controverse autour du travail dominical, un texte que veut absolument faire passer Sarkozy, ainsi que l’épineuse réforme de l'audiovisuel public, suivie de très près par l'Elysée. Mais il a aussi trouvé des plages de temps libre pour peaufiner son club politique, Génération France.fr, comme vendredi dernier à Vertou (Loire-Atlantique), où il inaugurait la trentième antenne locale.

Génération France.fr, qui revendique sur sa page d’accueil 3.000 adhérents, a pour objectif de nourrir le débat à droite: «0% petites phrases (sic), 100% débats d'idées», annonce le club, une des formules chères à Jean-François Copé, qui se définit comme «100% loyal» au président Nicolas Sarkozy, mais «100% libre».

Certains retiennent évidemment ce «100% libre», y voyant déjà les prémices d'une écurie présidentielle. Qui les blâmerait? Copé fait le boulot pour ne pas laisser le champ libre à Bertrand. Le ministre du Travail a systématiquement visité les fédérations UMP, se signalant disponible dès juin en confiant que «la vie politique n'est pas que gouvernementale».

Matignon?

Avec Génération France.fr, Copé réplique: «C'est ma petite entreprise à moi. Pas contre l’UMP, mais à côté», répète-t-il souvent, le sourire en coin. Gonflé par son surnom de «Vice Premier-ministre» au moment de la réforme des institutions, il promeut à tour de bras la «coproduction législative» entre le gouvernement et le Parlement, agaçant fortement Fillon. Le jour de la victoire de Barack Obama, il publie, toujours au nom de Génération France, ses «réflexions». Six pages dans lesquelles il salue une «élection sans doute révolutionnaire», mais prévient «ceux qui, en Europe, attendent une rupture radicale avec la ligne américaine traditionnelle qu'ils risquent d'être déçus».

Avouant être parfois un peu court sur certaines questions de société, il a fait de la diversité son nouveau cheval de bataille et remet au goût du jour la discrimination positive, concept cher à l'ancien candidat... Sarkozy. La réunion plénière du club, ce mercredi à Paris, aura d'ailleurs pour thème «liberté, égalité, diversité?» et pour invité principal Yazid Sabeg, auteur du tout récent «Manifeste pour l'égalité réelle».

Xavier Bertrand croit fermement en l’UMP, qu’il pense comme une «communauté» et fera tout pour construire la victoire de Nicolas Sarkozy en 2012, en espérant Matignon pour son dévouement. Copé taille sa route, fait la tournée des circonscriptions, échelon beaucoup plus pertinent à ses yeux que les fédérations, propose des Etats généraux de la dépense publique, prend ses distances avec l’UMP sous la tutelle de l’Elysée et plombée par la guerre souterraine de ses chefs (comment contenter Hortefeux, Estrosi...).

Autour d'un café

En septembre dernier, Bertrand et Copé, les meilleurs ennemis de la droite, se sont vus à l’hôtel Lutetia, un palace parisien, autour d’un café. Les étoiles montantes ont discuté pendant près d’une heure, après s’être ignorés pendant près d’un an. Pour un rabibochage? «On a parlé de l'actualité et de la nouvelle organisation parlementaire avec la réforme des institutions», expliquait le ministre du Travail au «Figaro».

Ce petit-déjeuner s’est déroulé en paix. Gageons qu’il y aura d’autres additions plus corsées entre les deux rivaux d’ici à 2017.
M.Gr.
Emploi

En partenariat avec Monster.fr

  • Trouvez le poste qui vous convient

    Retrouvez les dernières offres d'emploi sur toute la France et dans tous les secteurs avec 20minutes.fr et Monster.fr

publicité
publicité
Electromenager
599.99 €
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr