FOOT - La défense de la cause du supporter marseillais dépasse certains clivages...
Dans les stades de foot, il existe encore quelques instants où les fumigènes et les rancœurs entre supporters sont laissés de côté. Où les différences de maillot restent au vestiaire pour soutenir une même cause. Mardi soir, lorsque les Ultras du Vélodrome resteront aux portes de leur stade, boulevard Michelet, pour soutenir Santos Mirasierra, ils n’exprimeront pas seulement la colère du groupe le plus populaire du virage Sud.
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Derrière eux, toute la mouvance ultra soutient un mouvement qui a vite trouvé un écho en dehors de la cité phocéenne. «On a reçu des messages de toute la France»,
note Christophe Bourguignon, le représentant du kop marseillais CU 84, à Marseille. «Mais aussi à l’étranger. Nos amis de l’AEK Athènes, d’Hambourg, de La Corogne, de Séville ou de la Sampdoria, nous ont apporté des messages de soutien. Ça arrive de partout.»
«Les même valeurs»
Le week-end dernier, la plupart des kops ultras de Ligue 1 ont ainsi déployé des banderoles de soutien au supporter marseillais condamné vendredi à trois ans et demi de prison ferme. «En tant qu'ultra, même si on est rivaux, on partage un socle commun de valeurs, note Elise, une fanatique bordelaise. On suit notre équipe de partout, on est guidé par notre passion. Ce qui est arrivé à Santos aurait pu nous arriver. On est tous concernés.»
A Paris ou à Nantes, les supporters ne sont pas allés jusqu’à exhiber des banderoles, mais leur soutien à Santos dépasse malgré tout les clivages. Avec un de leurs membres incarcéré depuis la semaine dernière,
les Brigade Loire, attachés aux Canaris, sont bien placés pour comprendre la situation marseillaise. «Si on est mesurés, c’est parce qu'on est avant tout préoccupés par le cas d'Anthony, relève Romuald, le porte-parole du groupe. Mais évidemment, on comprend. On est tous ultras.»
Soutien à distance
Mardi soir, pour tous les ultras concernés, le soutien s’effectuera à distance. Pas question de rejoindre Marseille ou d'appeler les membres des Ultras du club phocéen. Même s’ils se serrent les coudes, partagent la même vie parallèle et défendent une philosophie commune, les kops restent focalisés sur leur club. «Pour nous, il n’y a rien à faire, glisse Arnaud Goubel,
de la Section Tigers à Lens. On fera passer des messages lors du prochain match, jeudi contre Montpellier. Mais pour le match de l’Atlético, on se contentera de penser à eux et à Santos.» C'est déjà ça.
Romain Scotto