PARITE - Quinze femmes viennent de porter plainte contre lui devant le tribunal... de l'Officialité...
Mgr André Vingt-Trois doit affronter l’ire de ses paroissiennes. Quinze femmes catholiques viennent de porter plainte contre leur évêque de Paris, à qui elles reprochent d’avoir tenu des propos sexistes. Cette plainte, elles l’ont déposée devant le tribunal… de l’Officialité.
Cette instance ecclésiastique, qui existe dans chaque diocèse, a une double fonction. Elle juge les affaires de l’Eglise selon le droit canonique et traite surtout l’annulation de mariages religieux.
Au cœur de la révolte de paroissiennes, une interview de Mgr Vingt-Trois diffusée le 6 novembre dernier sur la très pieuse
Radio Notre-Dame. Interrogé sur le rôle des femmes dans la célébration des offices, l’archevêque de Paris avait alors répondu: «Le plus difficile, c’est d’avoir des femmes qui sont formées. Le tout n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête.» Une vague d’indignation a gagné les fervents catholiques.
Les Réseaux du parvis, une association du diocèse de Lyon, ont d’abord adressé une lettre ouverte à Mgr Vingt-Trois. Radio Notre-Dame a également reçu de nombreux mails de paroissiens scandalisés.
«C’était une simple maladresse. L’archevêque de Paris, qui ne peut vraiment pas être taxé de misogynie, s’en est expliqué, précise la porte-parole du diocèse au «Parisien». Il a présenté ses excuses par écrit aux auteurs de la lettre ouverte.»
20minutes.fr a contacté Christine Pedotti, l’une des quinze plaignantes, qui se sont judicieusement baptisées le «Comité de la jupe», et elle explique la démarche.
Pourquoi cette plainte?
C’est comme mettre le pied dans la porte. Cette misogynie dans l’Eglise, due à une société qui l’est déjà beaucoup et au fait que les responsables catholiques soient massivement des hommes, ça suffit!
Mgr Vingt-Trois est un macho?
Non, on n’a rien contre lui! Mais ce qu’il a dit sur Radio Notre-Dame, est absurde et blessant. Surtout, Mgr VIngt-Trois a une position d’autorité, il est cardinal et président de la Conférence des évêques de France, et en disant cela, il discrédite le message de l’Eglise. Ses propos nous engagent tous.
Comment ça s’organise une plainte au tribunal de l’officialité?
Et bien on crée un peu la jurisprudence avec cette plainte. On s’appuie sur deux articles du droit canon: l’égale dignité des baptisés et la responsabilité de ceux qui causent le scandale en situation d’autorité. Et puis dans le droit canon, il existe la légitimité à faire des observations envers un frère ou une sœur qui s’égare et la possibilité de faire amende honorable.
On n’évoque pas le sexisme dans le droit canon?
(Rires) Non, non.
Que voulez-vous?
Des excuses publiques. Ces propos étaient publiques, on aimerait qu’il s’excuse publiquement.
Il va reparler de cette «affaire» samedi matin sur Radio Notre-Dame. Peut-être s’excusera-t-il?
Oui, ce serait tout à son honneur. Surtout que la procédure au tribunal d’Officialité est très longue. Cela peut durer des années. Vous savez, les ecclésiastiques ont l’éternité devant eux.
M.Gr.