REVUE DE PRESSE - Beaucoup d'éditorialistes jugent sévèrement les annonces de Nicolas Sarkozy à Douai...
Des milliards comme s'ils en pleuvaient (26 au total) mais beaucoup d'effets d'annonce pour les éditorialistes. Qui relèvent notamment que les dépenses vraiment nouvelles n’excéderaient pas 4 milliards d'euros...
Le plan de relance de l'économie de Nicolas Sarkozy est jugé sévèrement, ce vendredi, par l'essentiel de la presse française, globalement déçue que
la relance par l'investissement ait été préférée à l'amélioration du pouvoir d'achat.
On trouve peu de publications pour soutenir franchement les annonces présidentielles. Paul-Henri du Limbert salue quand même dans «Le Figaro» ce choix de la relance par des «dépenses d'investissement. Il ne s'agit pas de dépenser à fonds perdus, il s'agit de dépenser pour créer de l'activité et préparer l'avenir».
Dans «Les Echos», Dominique Seux pense lui aussi que «le choix de l'investissement plutôt que de la consommation est un pari intelligent», concédant tout de même que «la vraie faille de ce plan est qu'il va creuser des déficits publics déjà dans le noir.»
Pour Jean-Michel Bretonnier, dans «La Voix du Nord», le déficit n'est plus un frein. «Il faut emprunter sans attendre, pour construire, rénover, moderniser sans délai. Les entreprises se remplumeront par un retour de l'activité, qui agira vertueusement à son tour sur l'emploi, les salaires et le pouvoir d'achat.»
«Le président s'arrête à mi-chemin»
Mais pour la majeure partie des autres éditorialistes, c'est la déception qui l'emporte derrière
ce plan «choc».
Ainsi, Laurent Joffrin estime dans «Libération» que Nicolas Sarkozy «ne se refait pas: pragmatique, le Président réagit à la crise. Fort bien. Conservateur quoi qu’on dise, il s’arrête à mi-chemin et reste en dessous des impérieuses nécessités de l’heure.» Le social est le grand absent de la relance pour le journal.
Même impression dans «Ouest-France», où Paul Burel considère que le plan présidentiel «écarte toute stimulation générale de la consommation», «n'annonce aucun investissement stratégique majeur» et «ignore de grands travaux dignes de ce nom.»
«Un chèque de 200 euros qui fait figure d'aumône»
Où sont la consommation des ménages et le pouvoir d'achat?
Oubliés? Voilà la crainte d'une grande partie de la presse quotidienne régionale. Jean-Marcel Bouguereau estime ainsi dans «La République des Pyrénées» que Nicolas Sarkozy privilégie «une fois de plus» les entreprises. «A côté de ça, le chèque de 200 euros destiné aux bénéficiaires de RSA fait figure d'aumône».
Et Daniel Ruiz d'ajouter en écho, dans «La Montagne»: «Les Français défavorisés, ceux qui souffrent, vivront comme une provocation la maigreur des dispositifs annoncés en leur faveur.»
Enfin, il y a ceux qui ne sont pas déçus, car ils n'attendaient guère plus. C'est la posture du réaliste Jacques Camus, de la «République du Centre». Pour lui, «le plan de relance dévoilé hier par Nicolas Sarkozy à Douai ne mérite ni excès d'honneur ni indignité. Nicolas Sarkozy a fait ce qu'il a pu avec ce qu'il a, c'est-à-dire pas grand chose.»
Avec agence