CULTURE - Le site de partage de vidéos a noué un accord avec la Sacem...
Dailymotion déroule le tapis rouge aux artistes. La plate-forme de vidéo française a
conclu un accord avec la Sacem, la société chargée de veiller au respect - et au paiement - des droits des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique. En vertu de cet accord, Dailymotion versera à la Sacem des droits sur les clips et extraits de films mis en ligne, reversés à ceux dont les œuvres ont été diffusées ou reproduites.
La rémunération sera calculée à partir des recettes publicitaires dégagées par Dailymotion. Le site communautaire va même plus loin car le bonus, c’est que l’accord est rétroactif. Il y aura donc des rattrapages sur des vidéos mises en ligne à compter de la date de la création de Dailymotion, en janvier 2006.
Heureux hasard
En fait, cet accord, c’est double bénéfice. Pour la Sacem, d’abord, trop contente de pouvoir récupérer les versements pour ses artistes issus de contenus en ligne. Pour Dailymotion ensuite, qui se montre ainsi «plus proche des créateurs» afin de récupérer davantage de vidéos.
Hasard du calendrier? Cet accord arrive en tout cas à point nommé, à un moment où les sites Web d’échanges de vidéos pourraient être
taxés pour participer au financement de la télévision publique, comme l’a proposé le député UMP Frédéric Lefebvre. Un amendement qui fait aussi très peur à Google, comme l’a
dit Mats Carduner à 20minutes.fr.
«Une balle dans le jeu de quilles»
Craignant que l’amendement cité ci-dessus passe, Martin Rogard, le patron de Dailymotion interrogé par 20minutes.fr, insiste: «Tout est en train de se normaliser et c’est à ce moment-là que le gouvernement choisit de lancer une balle dans le jeu de quilles... Cet accord montre pourtant que l’on peut transposer les droits d’auteur sur le Web et qu’ils existent des modèles économiques valables sur le Net». D'autant que Dailymotion a déjà noué des partenariats avec la maison de disques Universal et la
SACD.
Autre bénéfice de cet accord: réduire le nombre de procès entre artistes et Dailymotion. Finis, donc, les démêlés judiciaires comme avec
l’humoriste Jean-Yves Lafesse? «Ce n’est pas l’arme anti-procès, répond Martin Rogard, mais c’est un moindre risque.»