VOILE - Les marins s'acclimatent au sud...
Pour les marins du Vendée Globe, la partie la plus dangereuse du tour du monde a commencé cette semaine quand ils ont franchi la latitude des 40emes rugissants.
Le tour de l’Antarctique par les 3 caps qui devrait durer un mois oblige les marins à s'adapter à cause de la rigueur du climat et de l'isolement des mers traversées. Explications sur les dangers du «Pays de l’ombre»:
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-Le froid: Pas besoin de faire de grands dessins pour expliquer qu’autour du pôle sud, le climat est glacial. A certains endroits de l’Océan Indien, l’eau a une température de 3-4 degrés et l’espérance de vie d’un homme dans l’eau n’est que de quelques minutes. Autre danger lié au froid, les glaces dérivantes (icebergs ou growlers) qui proviennent de la fonte estivale de l’Antarctique et qui ont obligé les organisateurs à placer des portes de passage pour que les marins ne descendent pas trop au sud. Il y a 4 ans, Josse, le leader actuel avait percuté un iceberg «de la taille d’une grosse armoire bretonne».
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A cause du froid, les skippers ne se déshabillent plus de leurs nombreuses couches de polaires et se lavent avec des lingettes.
Les douches sont finies. Certains, mais pas tous, ont des chauffages. En tout cas tous passent le moins de temps possible dehors et laissent les pilotes automatiques diriger le bateau. «Il fait vraiment froid maintenant. Hier lors d'un empannage, j'ai pris une grosse vague dans la figure et ça caillait ! L'empannage terminé, je frissonnais, alors je suis descendu pour me changer, mettre des chaussettes et des bottes sèches», témoignait encore Golding mercredi.
Sébastien Josse nous explique ses tenues :
-Le vent: Les mers du Sud sont le royaume des vents. Les dépressions (le contraire d'un anticyclone) tournent autour du continent antarctique dans le sens des aiguilles d’une montre et rattrapent les skippers par l’arrière. «L’anémomètre est monté de 5 nœuds le temps de vous téléphoner, là, j’ai 39 nœuds. Mai bon, si on arrête de vivre dès qu’il y a 35 nœuds (environ 70 km/h), il ne faut pas faire le Vendée Globe et il ne faut pas aller dans les mers du sud…», expliquait Michel Desjoyeaux jeudi. Les tempêtes se succèdent les unes aux autres mais finalement la météo est plus simple à analyser pour les skippers tant les dépressions se suivent à la queue-leu-leu.
-La houle: «C’est du grand beau temps. Il y a un vent de nord-ouest de 25 nœuds, les vagues se forment et c’est toujours un peu stressant», décrivait Loïck Peyron jeudi. Autour de l’Antarctique, aucune terre sauf quelques îles éparses comme l’archipel des Kerguelen ou la Géorgie ne vient bloquer les trains de vagues. Le vent puissant de la région creuse des vagues monstrueuses. «Les vagues doivent mesurer 7 mètres…On est parti sur un surf à 20/25 nœuds. Mais on va avoir des conditions vachement pires que ça sur la route», analysait froidement Sam Davies, jeudi. Les conditions de mer poussent les marins à s'attacher quand ils sortent.
-Un désert maritime: Au-delà des conditions climatiques extrêmes, c’est sans doute ce qui rend ces mers meurtrières. Contrairement à certaines routes maritimes fréquentées, les océans australs sont quasiment vides. Comme en haut de l’Everest où aucun hélicoptère ne peut monter, dans certaines zones du Pacifique, aucun avion n’a assez de kérosène pour aller secourir les marins. Dans ces zones, les marins ne pourront compter que sur eux-mêmes ou sur l’aide de leurs concurrents.
Comme quand Isabelle Autissier avait cherché pendant 24 heures Gerry Rouf en 1997. Sans succès.
M. Go.