JUSTICE - Les parents de Karen, piégée sur Internet par un pervers, se sont aperçus avec stupeur qu'il a récidivé. Ils réclament l'aide du chef de l'Etat...
Leur fille s’appelle Karen. En 2007, elle avait 16 ans, elle a été victime de Fabrice H., un pédophile qui chasse sur Internet. Fabrice H., 44 ans, est aujourd'hui écroué, parce qu’il s'en est pris le mois dernier à une Mosellane de 14 ans, séduite, comme Karen, sur un forum. Cette seconde affaire
est racontée ici.
Horrifiés par cette récidive, les parents de Karen ont écrit à Nicolas Sarkozy
une lettre qui est partie ce mardi. Dans ce courrier
dévoilé par «Le Figaro», cette famille modeste originaire des Vosges demande de l'aide à Nicolas Sarkozy.
«Monstrueux» mais légal
Sur la seconde séquestration du pédophile, qui a
duré du 14 au 19 novembre, les parents confient: «Vous pouvez comprendre, Monsieur le Président, le traumatisme de ma fille et de sa famille. Nous venons d'apprendre par la radio et la télévision que ce monsieur ayant été relâché le 28 août 2008 vient de recommencer une nouvelle fois…»
Tenus à l'écart des décisions des juges, les parents de Karen
poursuivent : «Notre avocat, Me Roussel Jean-Loup et nous-mêmes n'avons pas été prévenus de sa libération. Nous trouvons cela monstrueux.» Monstrueux mais légal.
Trois jours avec un «pervers dangereux»
Fabrice H. avait séduit Karen en 2007 en se faisant passer sur Internet pour un gendarme de 19 ans. Il l’avait convaincu de fuguer et de le rejoindre à La Rochelle. Après trois jours passés ensemble dans plusieurs hôtels de la ville, les gendarmes avaient fini par retrouver la trace de la jeune fille.
Ecroué dans l'attente de son jugement, Fabrice H. avait donc été libéré au bout d'un an, la détention provisoire ne pouvant excéder ce délai comme le veut la loi. Le 28 août dernier, cet homme dont le casier judiciaire comporte 17 condamnations et que les experts définissent comme «un pervers dangereux pour les jeunes adolescentes» avait alors recouvré la liberté.
Il était assigné à résidence en Charente-Maritime sous strict contrôle judiciaire, en attendant son jugement.
Karen est «suivie par un psychologue»
Demandant à Nicolas Sarkozy «d'intervenir pour modifier une loi si mal faite et qui ne protège pas assez les victimes», la famille de Karen aimerait que celle-ci donne leur avis sur la libération des auteurs d'infractions. «Elles ont tout de même leur mot à dire.» Ce qui s’inscrit dans le débat sur la place des victimes dans le processus judiciaire, une question passionnée et qui oppose le duo Dati/Sarkozy à nombre de juges
L’instruction de l’affaire de Karen n’est toujours pas close, le procès est loin d’être fixé. Le banc des parties civiles restera vide, Karen ne viendra pas à son procès. «Karen doit être suivie par un psychologue et nous avons dû la changer d'établissement scolaire»,
disent ses parents avec une grande pudeur.»
20minutes.fr