SANS-ABRI - Le Président a déclaré qu'il fallait les «mettre en situation de décider»...
Au fil des déclarations, l'idée d'un hébergement obligatoire pour les SDF s'évanouit peu à peu. Nicolas Sarkozy a ainsi préconisé ce vendredi de «mettre les personnes (sans domicile fixe) en situation de décider» en leur proposant une assistance et un hébergement d'urgence qu'ils seront libres de refuser. Soit la même procédure qu'actuellement.
«Il faut agir de façon à ce que plus personne ne meure de froid en 2008, dans l'un des pays les plus riches au monde. C'est un scandale», a déclaré le chef de l'Etat, lors d'un discours sur la politique du logement à Meaux. Mais «il y a un équilibre de bon sens à trouver» entre un hébergement obligatoire et laisser le SDF dans une situation de danger, a-t-il affirmé.
«Si elle n'en veut pas, elle s'en va, elle reprend la rue»
La question est de savoir si cette personne sans domicile «est lucide pour décider de sa vie ou de sa mort». «Est-ce qu'un homme ou une femme en pleine nuit dans le bois de Vincennes, malade, peut-être ayant bu, vivant dans des conditions épouvantables depuis des semaines, est-ce qu'il a la lucidité de savoir s'il veut ou s'il ne veut pas?» être hébergé, a-t-il demandé.
«Je propose que cette personne-là, on lui donne à manger, on lui propose de la soigner, on lui permette de prendre une douche ou un bain, on lui montre la chambre ou le lit qu'on lui propose. Si elle n'en veut pas, elle s'en va, elle reprend la rue, c'est le respect de la dignité de la personne» de son «autonomie» et de sa «liberté», a-t-il dit. «Avec cette formule on concilie tout le monde», a-t-il affirmé pour répondre aux «intégristes de la liberté» et aux «intégristes de la mise d'office en centre d'urgence».
Christine Boutin désavouée?
La ministre du Logement Christine Boutin avait déclenché mercredi
une polémique en annonçant le lancement d'une réflexion sur l
'opportunité de rendre obligatoire la mise à l'abri des SDF quand la température descend sous -6 degrés, avant d'indiquer que ce seuil restait à affiner.
François Fillon
avait ensuite tenté de désamorcer la polémique jeudi, en affirmant qu'il n'était «pas question d'obliger» les SDF, sauf en cas de danger vital. «J'ai un profond respect pour la liberté de chacun mais en même temps la non assistance à personne en danger est une faute, et c'est une faute qu'un gouvernement ne peut pas accepter».
Avec agence