DENONCIATION - L'informaticien, soupçonné d'avoir falsifié les listings, affirme avoir lui-même ajouté le nom de Nicolas Sarkozy sur ces listings depuis le bureau d'Yves Bertrand, l'ex-patron des RG...
Clearstream: suite et pas fin. L’informaticien Imad Lahoud, soupçonné d'avoir falsifié les listings Clearstream, affirme, dans l’édition du «Point» à paraître ce jeudi, avoir lui-même ajouté le nom de Nicolas Sarkozy sur ces listings depuis le bureau d'Yves Bertrand, alors patron des RG.
Yves Bertrand, sous le feu extrêmement brûlant des projecteurs depuis le début du mois d’octobre et des révélations (déjà dans «le Point») sur ses carnets aux rumeurs et anecdotes sucrées sur Sarkozy, a annoncé son intention de porter plainte contre l'hebdomadaire. La farandole judiciaire continue, le chef de l’Etat avait déjà attaqué Bertrand en justice mi-octobre.
Clan des chiraquiens
Cette nouvelle salve contre Bertrand, un proche de Villepin, renvoyé en correctionnelle dans l’affaire Clearstream mardi 18 novembre, vient resserrer l’étau sur le clan des chiraquiens, à qui l’on prête beaucoup plus que des envies de nuire à Sarkozy dans le dossier de la banque d’affaires luxembourgeoises.
Imad Lahoud a donc retourné sa veste. Il avait jusque-là toujours nié être le falsificateur de ces listings issus de la chambre de compensation Clearstream. Renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris pour «dénonciation calomnieuse» et «faux et usage de faux», après la fin de l’instruction, le 17 novembre, il reconnaît dans «le Point» le trucage.
«La dernière fois que j'ai vu Bertrand, c'était dans son bureau, pour ajouter le nom de Sarkozy sur les faux listings. C'est le seul nom que j'ai ajouté. C'était en présence d'une troisième personne, dont je préfère pour l'instant taire l'identité.»
Un «tel acharnement»
Imad Lahoud, qui a constamment changé de version depuis trois ans, assure avoir rencontré «six fois» l'ancien directeur des Renseignements généraux. Et il explique que ses rendez-vous avec Bertrand étaient soigneusement consignés dans son agenda électronique, saisi par la justice.
Dans un communiqué transmis par son avocat, Yves Bertrand «redit qu'il n'a jamais rencontré Imad Lahoud» et «s'étonne» d'un «tel acharnement» du «Point» contre lui. Il «déposera plainte en diffamation dès la parution» de l'hebdomadaire jeudi, et il «se réserve d'attaquer de la même façon les journaux qui relaieraient de telles calomnies».
M.Gr. avec agence