SOLIDARITE - Les associations d'aide aux sans-abri n'ont jamais été autant actives, pourtant des sans-abri continuent à mourir chaque année...
Chaque année, c'est la même histoire. Pourtant, l'hiver n'est pas une surprise.
Alors pourquoi des lacunes demeurent-elles face aux situations dramatiques de ceux qui vivent dans la rue? Les associations poussent, une fois encore, un cri d'alarme et soulignent le manque de coordination nationale pour donner une réponse efficace.
Des réponses inadaptées pour les sans-abri
«Si des SDF meurent aujourd’hui dans la rue, ce n’est pas seulement par manque de places dans les structures leur étant destinées», lance la Croix-Rouge dans un communiqué publié mardi. «L’engorgement actuel des dispositifs d’hébergement par manque de fluidité et l’accès au logement social auquel s’ajoute la "résistance" de ces personnes à intégrer des structures dont la réponse est insatisfaisante à leurs yeux», expliquent pourquoi l'hiver fait encore des victimes, selon l'association.
«Il faut observer plus finement les réalités de la rue et développer des réponses "sur mesure" pour une population exclue in fine des dispositifs actuels», peut-on encore lire dans le communiqué. «Il est difficile de donner une réponse adaptée tellement les situations varient chez les sans-abri», explique Didier Piard, directeur de l'action sociale de la Croix-Rouge, contacté par 20minutes.fr, «et puis il faut savoir qu'un certain nombre de sans-abri refuse d'aller dans les centres d'hébergement pour des questions de sécurité, de manque d'intimité. Il faudrait que des structures plus souples voient le jour pour accueillir ceux qui n'entrent pas dans le cadre, c'est-à-dire les SDF en couple, ceux qui ont des animaux etc.».
Pas de coordination entre les différents acteurs
Si la Croix-Rouge «a la conviction que les équipes mobiles de rue sont la première réponse adaptée pour retisser du lien avec ces publics désinsérés», il est nécessaire de souligner les disfonctionnements autour des maraudes (rondes de nuit). «Certains secteurs sont trop couverts par les associations et d'autres pas du tout», explique Didier Piard, «il y a clairement un manque de coordination des actions au sein des départements», souligne t-il.
«Le pilotage et l'articulation du travail des différentes associations sur le terrain sont très variables, il faut donc les améliorer», confie-t-il encore. «Si les associations ont un rôle majeur dans l’accompagnement et la protection des populations (…) les pouvoirs publics doivent aussi redéfinir les missions et la bonne adaptation de la prise en charge auprès de ces publics.» La population sans-abri en France, est estimée à environ 100.000 personnes.
Maud Descamps