REVUE DE PRESSE - Les éditorialistes se montrent très sévères ce lundi matin...
Les éditorialistes de la presse nationale s'accordent ce lundi à dénoncer le spectacle désolant de
la bataille rangée entre Ségolène Royal et Martine Aubry pour prendre la tête d'un PS saisi de «rage suicidaire».
«Fous! Ils sont devenus fous! La rage suicidaire qui a saisi les socialistes depuis deux jours laisse la gauche profonde pantoise, furieuse et désabusée», déplore dans
«Libération» Laurent Joffrin.
Une «machine passéiste»
Il ne voit «qu’une solution à cette tragicomédie: respecter les procédures actuelles, aussi contestables soient-elles, désigner une gagnante et transformer à grande vitesse cette machine passéiste en formation politique digne de ce nom».
Dans
«La Croix», Dominique Quinio
se prend à espérer que «ce paroxysme puisse purger les passions et permettre une reconstruction du parti sur de nouvelles bases», même si «la violence des déchirures et le poids des intérêts personnels resteront dans les mémoires».
Pour Paul-Henri du Limbert, du
«Figaro», l'issue la «plus probable, c'est que deux partis socialistes cohabitent au sein d'un seul (...) C'est une scission qui ne dit pas son nom, mais qui a l'avantage de sauver les apparences».
«Un conglomérat de féodalités»
«N'était le ciment de leur résistance aux élections locales, les socialistes seraient plus proches de dissolution que de la solution», commente Jean-Francis Pécresse dans
«Les Echos».
Quant à Didier Eugène,
il se montre sans pitié dans
«Ouest France»: «Le PS a tout raté (...) Quelle que soit l'issue de cette bataille, les causes de la défaite collective demeureront». Un avis partagé par Patrick Fluckiger dans «L'Alsace»: «La gauche, aujourd'hui en France, n'est plus qu'un conglomérat de féodalités».
Bruno Dive, dans
«Sud-Ouest» propose de «faire revoter les adhérents (...) plutôt que d'assister à ce spectacle pitoyable de gens du même parti qui s'accusent de tricheries et en arrivent à se poursuivre en justice».
Un boulevard pour Sarkozy
«Bien sûr qu'il faut revoter!»,
estime lui aussi Olivier Picard, des
«Dernières Nouvelles d'Alsace», qui invoque «le bon sens démocratique le plus élémentaire».
En attendant, les divisions socialistes ouvrent un boulevard à Nicolas Sarkozy: «Nicolas Sarkozy règne sur un champ de ruines, quasiment privé d'adversaires»,
estime Hubert Coudurier, dans
«Le Télégramme». Et de conclure: «L'opposition, déjà déstabilisée par l'ouverture, n'existe plus».
Avec agence