INTERNET - Comment les ados peuvent-ils chatter sans dommage sur le Web? Comment les parents peuvent-ils parler d'Internet à leurs enfants sans passer pour des vieux abrutis?
Comment les ados peuvent-ils chatter sans dommage sur le Web? Comment les parents peuvent-ils parler d'Internet à leurs enfants sans passer pour des vieux abrutis? Après l'histoire de cette
mineure de 14 ans rescapée d'un pédophile, 20minutes.fr fait le point.
Pourquoi les ados chattent-ils sur le Net?
Le succès des messageries instantanées n'est plus à prouver et permet «un contact facile», décrypte Véronique Fima, directrice d'
Action Innocence France, «pour les ados pas toujours à l'aise pour se faire des amis, notamment dans les coins les plus reculés où il n'existe pas de bar pour se rencontrer». Sans compter que, quand tous les collégiens sont connectés aux chats, il est quasi impossible de ne pas faire comme les autres, sous peine de se marginaliser.
Internet permet ainsi aux plus timides de s'extraire du carcan corporel parfois pensant entre 12 ans et 18 ans. «L'écran a un rôle protecteur», ajoute Elisabeth Rossé, psychologue à l'hôpital Marmottan. Débarrassés d'une partie de la relation sociale, notamment liée au corps, les adolescents sont «désinhibés». «La conversation se fait de façon plus fluide, un peu comme avec l'alcool», conclut-elle.
Comment les ados peuvent-ils chatter (et surfer) sur le Net sans dommage?
C'est simple en théorie: il ne faut donner aucune information personnelle aux internautes avec qui l'on chatte. En pratique, c'est plus compliqué: pas facile pour les ados, en confiance après plusieurs heures de discussion en ligne, de cacher leurs nom et prénom, adresse personnelle et le nom de l'établissement scolaire dans lequel ils étudient. «N'importe qui peut se cacher derrière un pseudo, rappelle Véronique Fima, il faut le garder en tête.»
Qu'est-ce qui doit alerter les ados lorsqu'ils sont en chat avec un inconnu?
«Ce n'est pas parce qu'un chat a des connotations sexuelles au bout de 15 ou 30 minutes qu'il faut forcément s'inquiéter», souligne encore Véronique Fima. Car les vrais pédophiles mettent parfois des semaines à se dévoiler, installant un climat de confiance via des chats où ils emploient un vocabulaire d'ado. Les signes alarmants? Si l'interlocuteur demande à l'ado de garder les conversations secrètes et s'il commence à envoyer des cadeaux à domicile.
A quel moment un ado passe-t-il du virtuel au réel (via une rencontre dans la réalité ou une fugue, comme cela a été le cas de la mineure de 14 ans)?
Difficile de répondre à la question tant les cas varient. «La fugue peut être provoquée par une simple quête du prince charmant», explique Véronique Fima.
Comment les parents peuvent-ils conseiller leurs ados à propos d'Internet sans passer pour des vieux abrutis?
Si les parents connaissent bien Internet, ils peuvent se lancer dans une conversation avec leurs rejetons. Dans le cas inverse, il faut envoyer un grand frère, une cousine, une tante, etc. prêcher les quelques conseils ci-dessus. Reste qu'avant de conseiller, il faut comprendre, dit Elisabeth Rossé: «Les parents ont tendance à dénigrer le Web parce qu'ils se sentent exclus.» Pour éviter que cette incompréhension ne creuse un réel fossé entre parents et enfants, elle conseille aux parents de se faire expliquer par leurs enfants de quoi il s'agit, et ce qui leur plaît sur le Web.
Alice Antheaume et Julien Ménielle