Aubry, Royal et Hamon ont tenu leur dernier meeting hier soir, à la veille du vote des militants
Gymnase Japy à Paris pour Royal, la salle « Magic Mirror » d'Aubervilliers pour Aubry, le bar Vauban de Brest pour Hamon. Les trois candidats au poste de premier secrétaire du PS ont mobilisé hier soir leurs troupes. Si tous les courants s'accordent à penser que Ségolène Royal devrait arriver en tête du vote des militants ce soir - grâce, entre autres, à une mobilisation sans doute plus forte que le 6 novembre - aucun ne croit à son élection dès le premier tour. Tout reste ouvert pour le second tour demain, avec même un avantage pour Martine Aubry, qui dispose d'une réserve de voix importante et d'un probable appel au vote en sa faveur de Benoît Hamon. L'inconnue reste la répartition des voix de la motion A de Delanoë. Son ralliement à Aubry devrait aider la maire de Lille, mais le courant hollandiste pourrait se reporter sur Royal.
Royal « capable de battre Sarkozy »
Au gymnase Japy, à Paris, quelque 700 militants étaient venus hier soir applaudir Ségolène Royal et « son équipe ». Un à un, la garde rapprochée de la candidate (Peillon, Assouline, Batho, Bianco) a pris la parole pour dénoncer, en vrac, « le syndicat des faux amis », « les alliances des contraires », « la ligne Maginot des conservatismes » du duo Aubry-Delanoë. Christiane Taubira, la sénatrice radicale, avait même fait le déplacement parce que, a-t-elle expliqué, « ce qui se joue ici, c'est le sort de la gauche ». Vincent Peillon, lui, s'est déjà projeté sur la présidentielle, estimant que « la seule personne capable de battre Sarkozy en 2012, c'est Ségolène Royal ».
Très applaudie, la candidate a appelé les militants à « faire monter la certitude de la transformation ». « La gauche vit un moment de vérité, les socialistes vont accomplir un vote historique, le pays nous appelle : nous sommes là, debouts, déterminés ! »
Aubry veut « le rassemblement »
Martine Aubry, elle, n'abhorre rien tant que « les partis de supporters ». Message reçu par ses soutiens, qui se sont déplacés en petit comité. Pas plus de deux à trois cents personnes - de nombreux élus et peu de militants - ont pris place sous le chapiteau du Magic Mirror à Aubervilliers (93). L'ambiance est plus studieuse que fiévreuse. Au micro, Martine Aubry répète le mot d'ordre de ce premier tour. « Nous voulons le rassemblement entre les socialistes. » Ce n'est que lorsqu'Aubry la rouge fait son apparition que l'ambiance décolle un peu. Le maire de Lille s'en prend à la retraite à 70 ans, au travail le dimanche, défend « ceux qui souffrent », qui n'ont pas de quoi manger...
Au final, Martine Aubry ne s'autorise que deux piques à Ségolène Royal, préférant « ouvrir le siège du parti aux militants, aux syndicalistes et aux intellectuels », plutôt que de le déménager. Et suggérant, au lieu de baisser le prix des cotisations, de « retrouver le socialisme ».
Le parti Aubry défend « un parti de militants » et « fermement ancré à gauche ». Hamon rêve d'un PS « qui ressemble à la France ». Dans un « contrat de gouvernance », envoyé hier aux militants par Royal, celle-ci promet un parti dirigé par « tous les talents issus de toutes les motions » et élargi au plus grand nombre, via « une cotisation modique ».
Les alliances Aubry et Hamon rejettent toute alliance avec le MoDem et prône l'union de la gauche. Royal reste ouverte « à tous les démocrates pour battre la droite ».
La crise Aubry réclame une « taxe mondiale » sur les capitaux, Hamon « un pôle financier public », et Royal un « plan d'urgence économique et social ».
Le pouvoir d'achat Aubry et Hamon défendent une hausse du Smic, Royal veut « réformer » l'indice de prix de l'Insee.
L'emploi Aubry veut « décourager » les licenciements boursiers et Hamon souhaite les « interdire ». Royal veut « récupérer » les aides accordées aux entreprises qui délocalisent.