De notre correspondant à Los Angeles
Du neuf avec du vieux. Il a passé la campagne à répéter qu’une victoire de McCain signifierait quatre ans supplémentaires de Bush. Vu l’administration qu’il construit, Obama semble parti pour faire le 3e mandat de Bill Clinton. Est-ce vraiment la meilleure manière d’amener le changement promis?
Le feuilleton Hillary Clinton continue. Un peu à contre-courant, le New York Times affirme que si elle est «flattée» qu’Obama lui ait proposé le poste de secrétaire d’Etat (équivalent du ministre des Affaires étrangères), elle n’est «pas sûre» de vouloir accepter. De son côté Bill, qui a vraiment envie de revenir à la Maison Blanche, jure qu’il est prêt à faire «tout ce qu’on lui dit» pour faciliter le processus. Même à renoncer à ses revenus en provenance de l’étranger (pour ses discours notamment) pour éviter tout conflit d’intérêts avec les activités diplomatiques de sa femme.
En charge du très important portefeuille de la Santé, on devrait retrouver Tom Daschle. Pas un ancien de l’administration Clinton à proprement parler, mais il avait étroitement travaillé à la réforme (avortée) du système de santé américain avec Hillary, alors First lady. Comme pour le choix d’Eric Holder comme Attorney General (ancien n°2 de la Justice sous Bill Clinton) mardi, rien d’officiel pour Daschle pour l’instant.
Pour s’occuper du budget, Obama aurait choisi Peter Orszag (lui aussi un ancien des années Clinton). Enfin, pour le poste à haut risque de secrétaire au Trésor, Robert Rubin et Larry Summers (qui ont tous deux occupés cette fonction sous Bill Clinton) tiennent toujours la corde.
«On ne change pas une équipe qui gagne»
Invité sur Fox News, un stratège démocrate a dit «ne pas voir où était le problème». Sur le refrain «on ne change pas une équipe qui gagne», il a ajouté qu’Obama avait raison «de choisir les meilleurs».
Côté républicain, on raille le «copier/coller» opéré par Obama. Le libéral Robert Kuttner appelle lui le président élu à «élargir son bassin de recrutement et à ne pas prendre que des Clintonistas». Une demande balayée par Lanny Davis, proche de l’ancien président, qui estime que le changement est avant tout «une affaire d’idée, pas d’hommes», et qu’Obama est a même de fixer un nouveau cap.
Selon vous, Obama joue-t-il petit bras?