SANTE - C'est la conclusion d'un colloque scientifique, après des analyses menées entre 2006 et 2007...
Après celle des
rivières, c'est l'eau du robinet qui contiendrait des résidus de médicaments. Il ne s'agit pas d'un projet de santé publique futuriste, mais bien du résultat d'une étude publiée lundi par un ensemble d'associations scientifiques françaises, réunies en octobre dernier lors du colloque «Résidus de médicaments dans l’eau: des molécules à surveiller? Des risques à évaluer?».
Une vingtaine de substances retrouvées sur les 76 recherchées
La Direction générale de la santé (DGS) et l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssa), notamment, annoncent que des analyses ont été menées en 2006 et 2007 sur 141 sites. Des analyses qui ne sont à ce jour pas prévues par les réglementations européenne et française.
Les résultats sont pourtant troublants: une vingtaine de substances, sur les 76 recherchées, ont été retrouvées au moins une fois dans les échantillons d'eau potable testés. La raison: certains médicaments ne sont pas totalement dégradés par l'organisme, et leurs résidus sont alors éliminés dans les selles ou les urines.
L'efficacité du filtrage en question
Ces éléments se retrouvent donc dans les rejets des établissements de santé mais aussi au niveau des stations d’épuration urbaines. Leur concentration est alors variable en fonction de leur biodégradabilité et de l'efficacité du filtrage. Dans le cas des eaux destinées à la consommation humaine, le dispositif utilisé agit sur les résidus médicamenteux. Des concentrations allant de quelques nanogrammes à quelques centaines de nanogrammes par litre ont cependant été retrouvées.
Au regard de ces résultats, les comités scientifiques ont décidé de poursuivre leur investigation, et même d'étendre leurs recherches à d'autres micropolluants. L'objectif étant d'améliorer les techniques de traitement des eaux destinées à la consommation. Reste à évaluer le risque sanitaire actuel pour la population. C'est l'une des priorités pour les intervenants du colloque, qui prévoient déjà que la tâche sera ardue.
J.M.