INTERNET - Un tribunal d'Argentine a requis contre les moteurs de recherche argentins Yahoo! et Google...
«A cause d’une décision de justice, nous nous voyons dans l’obligation de suspendre temporairement les résultats liés à cette recherche.» Cette phrase s’affiche lorsque l’on tape la requête «Diego Maradona» sur le moteur de recherche de Yahoo! Argentine, le pays de l’ex-footballeur.
C’est
cet article du «Time» qui dévoile l’affaire: un tribunal du pays a ordonné aux filiales argentines des moteurs de recherche Yahoo! et Google de couper le fil de résultats associés au nom de la star, exceptés ceux qui renvoient vers des articles écrits par les médias.
L’argument avancé par l’avocat de Maradona? La requête sur le nom de son client fait remonter des résultats pornographiques ou d’autres contenus qui pourraient «offenser» les internautes. «Les moteurs de recherche ont la capacité de faire remonter des contenus offensants et on veut l’empêcher, explique Martin Leguizamon, l’avocat basé à Buenos Aires, qui plaide la même chose pour d’autres personnalités. Sans liens référencés par Google ou Yahoo, personne ne saurait jamais que ces contenus existent.»
Google fait appel
Si Yahoo! s’est plié à la décision de justice, rappelant néanmoins qu’il suffit de chercher sur son moteur de recherche international plutôt qu’argentin pour trouver des liens sur Maradona, Google veut faire appel de cette décision: «C’est complètement illogique, rapporte Google Argentine. Ce serait comme de poursuivre les kiosques pour ce qui paraît dans les journaux qu'ils vendent. Ou d'exiger du vendeur de journaux d'arracher les pages de la presse parlant de délinquance. Les poursuites devraient être contre les sites Web transportant l'information, pas contre nous.»
Les dirigeants de Google d'Amérique latine
ont même rédigé un billet - qui commence par «Sale temps pour l'Internet en Argentine» et parle de «censure» - pour donner leur version de l'histoire. «Demander la suppression d'un résultat de recherche à un moteur de recherche déterminé, sans enlever le contenu du serveur où il se trouve, ne permettra pas de résoudre le problème parce que le contenu nuisible reste disponible sur le réseau, expliquent-ils. Ce contenu peut être référencé par d'autres moteurs de recherches ou dans d'autres pages. Ordonner le retrait ne résout pas le problème de la personne concernée, le contenu préjudiciable existe encore.» Selon Google Argentine, le tribunal argentin s'est trompé de cible: «La justice concentre ses efforts au mauvais endroit, et favorise ainsi la création de moteurs de recherche dédiés aux contenus illicites.»
Des juridictions différentes selon les pays
L’histoire revient à poser la question du statut des moteurs de recherche. Sont-ils ou non responsables des contenus qu’ils référencent? Cela dépend en fait des pays. En France, par exemple, le prestateur de services (c'est-à-dire le moteur de recherche) ne peut être tenu responsable des données transmises ou stockées temporairement indexées, dans la mesure où ce prestateur de services n'a pas modifié les données en question.
AA