Victorine, Camerounaise menacée d'expulsion après la mort son bébé, restera en France

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Publié le 18 novembre 2008.

IMMIGRATION - C'est cet enfant qui lui donnait droit à un titre de séjour depuis 2004...

Victorine restera en France. Le ministère de l'Immigration l'a annoncé ce mardi dans un communiqué, à la suite d'une conférence de presse donnée par Réseau d'éducation sans frontière (RESF). Cette femme camerounaise, vivant en France depuis 2001, était menacée d'expulsion après la mort de son enfant. C'est en effet son fils, de père français, qui avait permis à Victorine d'obtenir un titre de séjour à sa naissance, en 2004.

«Le ministre a estimé qu’aucun élément – et évidemment pas le décès de l’enfant il y a quatre ans – ne pouvait justifier la décision prise par le préfet des Hauts-de-Seine, le 30 septembre 2008, de mettre fin au droit (...) à séjourner en France», explique le communiqué, évoquant une «situation humaine particulière». Une demande a donc été faite au préfet pour permettre à Victorine «de continuer à séjourner légalement en France.»

Un parcours du combattant administratif

En avril 2004, son fils Victor avait été emporté par une infection à staphylocoque, à l'âge de trois mois. La préfecture de police de Paris lui avait pourtant délivré, en octobre de la même année, une autorisation de séjour d'un an.

Pour Victorine, les ennuis administratifs avaient commencé début 2005, après son emménagement dans les Hauts-de-Seine. Depuis cette date, on lui signifiait qu'elle ne pouvait plus prétendre à un titre de séjour en qualité de parent d’enfant français, et elle ne bénéficiait plus que d'autorisations provisoires à renouveler tous les trois mois.

Selon un membre de RESF, contacté par 20minutes.fr, ce n'est que grâce au dynamisme de son assistante sociale que Victorine avait pu rester en France et continuer à exercer son métier de nourrice. Mais après le départ en retraite de celle-ci, Victorine avait reçu, en septembre dernier, une invitation à quitter le territoire «dans le délai d'un mois», au motif que «son enfant est décédé».

Négation de l'existence de l'enfant

«Il est inhumé ici. Si je pars maintenant, je le perds», se désespérait Victorine sur l'antenne de RTL ce mardi matin. C'est également l'avis des pédiatres de l'hôpital Cochin, qui avaient tenté de sauver le bébé au moment de sa maladie, et qui la soutiennent. Dans un communiqué, ils mettent en garde contre les conséquences désastreuses de cette expulsion, qui reviendrait à nier l'existence même de l'enfant.

Après le drame qui l'a frappée, Victorine avait fait une grave dépression et son couple avec le père de Victor n'avait pas résisté à l'épreuve. Aujourd'hui, elle a deux autres enfants, âgés d'un an et demi et de trois ans et demi, nés en France d'une seconde union avec un Camerounais, lui aussi sans papiers. Armelle-Daniela et Yvan-Daniel parlent français et le garçonnet est scolarisé à Montrouge.

En avril dernier, en Indre-et-Loire, une femme de nationalité béninoise avait été menacée d'expulsion après la mort de son mari français. Elle avait finalement été régularisée.
Julien Ménielle
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