CULTURE - Damien Hirst, personnalité la plus influente du monde de l'art 2008, trouve que l'art est trop cher...
L’art est trop cher. C’est l’avis de l’artiste contemporain Damien Hirst, relayé par le
journal anglais «The Independent». Or le jugement de
Damien Hirst, en tant que personnalité la plus influente du monde de l'art 2008 selon la revue «Artreview», compte. Ce qui n’empêche pas son avis d’être paradoxal puisque qu’il est lui-même l’auteur d’un record financier - en septembre dernier, 200 de ses œuvres se sont envolées à plus de 140 millions d’euros lors de ventes aux enchères Sotheby’s, soit le double de l’estimation initiale.
Baisse ou retour à la réalité?
Damien Hirst commente en fait ce qu’il s’est passé, la semaine dernière, lors d’une autre vente aux enchères d'oeuvres d'art contemporain: un tiers des lots n'ont pas trouvé preneurs chez Sotheby's à New York. Parmi les toiles qui n'ont pas atteint leur prix plancher figuraient des oeuvres de Roy Lichtenstein, Andy Warhol, Freud et Jean-Michel Basquiat.
«On revient à des prix plus réalistes, déclare Hirst. C’est bien, parce que cela devenait surnaturel. Vous finissiez par vous dire que vous étiez touché par la grâce divine. L’art ne vaut que ce qu’un acheteur est prêt à payer».
Selon le commissaire priseur Tobias Meyer, les prix de vente en forte baisse reflètent la demande: «Lorsque le prix était juste, le public a répondu et s'est porté acquéreur. Quand l'estimation a pu sembler excessive, ils ne l'ont clairement pas fait».
«La vraie crise du marché de l’art, c’était plutôt la fièvre qui animait ces dernières années»
Une tendance qui s’est amorcée depuis quelques mois, comme
nous l’écrivions dans 20minutes.fr en octobre. «C’est un retour à des bases plus sérieuses. Car la vraie crise du marché de l’art, c’était plutôt la fièvre qui animait ces dernières années», commentaient les organisateurs de la Fiac au mois d’octobre.
Malgré ses talents de marketeur endiablé, Damien Hirst sait que son coup financier ne peut pas se reproduire si facilement, dans un contexte de
crise financière. Qu’importe, assène-t-il, assis sur une fortune estimée à 236 millions d’euros, «ce n’est parce que personne ne l’achète qu’un artiste va arrêter de créer!»
AA