POLITIQUE - Tout bouge vite au PS. Ce soir, à l'issue des assemblées générales de motions, le paysage socialiste s'est éclairci, même si beaucoup de questions restent posées.
Après plusieurs jours de rumeurs, Ségolène Royal a finalement officialisé sa candidature à la tête du PS. Retour sur un moment clé du congrès de Reims.
19h30 Début des AG de motions.
Chaque motion se réunit sous un chapiteau installé sur le parvis du parc des expositions. Objectif: définir sa ligne et éventuellement son candidat pour le congrès.
Royal candidate
La motion E a tranché. Ségolène Royal sera candidate au poste de Premier secrétaire. C'est officiel. Fin du suspense qui durait depuis une semaine. Nouveauté : la création en cas de victoire d'un poste de Premier secrétaire adjoint, qui devrait être attribué à Vincent Peillon.
Les partisans de François Hollande poussent au ralliement à Royal
Selon un élu du Nord partisan de Martine Aubry, les élus catalogués "hollandistes" du département - les députés Bernard Roman, Michel Delebarre, et leur collègue du Pas-de-Calais Frédéric Cuvilier - poussent à un ralliement à Ségolène Royal... avec ou sans Bertrand Delanoë.
Aubry poussée par ses soutiens, veut se rapprocher de Delanoë
La maire de Lille a été largement poussée par ses soutiens à se porter candidate. "Que fait-on aujourd'hui?", s'interrogeait-elle dans son discours sur la stratégie. "On devient premier secrétaire!" a lancé un militant, largement applaudi. Laurent Fabius a vu en elle "une magnifique première secrétaire". Elle a réitéré son refus de discuter avec Ségolène Royal, évoquant un manque de "cohérence d'ensemble", "la conception du parti".
"Il faut nous rapprocher des camarades de la motion A" de Bertrand Delanoë, a-t-elle martelé. Le but? "Garder un parti qui soit vraiment un parti politique". Histoire de laisser le jeu ouvert, elle a rappellé qu'elle ne faisait pas de sa candidature "un préalable".
Delanoë : « Extrêmement difficile » de convoler avec Royal
Non à Royal, oui à Aubry et Hamon. Bertrand Delanoë a annoncé qu’une synthèse de sa motion avec celle de Ségolène Royal, lui semblait « extrêmement difficile » à obtenir. Le maire de Paris a justifié sa position devant ses troupes, lors de l'AG à huis clos. «Ce n’est pas un problème de personne mais de fond. J’ai beaucoup travaillé sur le texte que nous a proposé Ségolène Royal. Il y a beaucoup de différences entre nous. » En revanche, un rassemblement avec les motions de Benoît Hamon et de Martine Aubry sont selon lui possible, à certaines conditions. « Nous pouvons constituer avec eux une majorité sincère et durable.
Mais à deux conditions : trouver une ligne commune, et un premier secrétaire qui ne soit pas Benoît Hamon, mais quelqu’un issu de notre motion. » Décryptage d’un militant à la sortie du huis clos : « Nous avons tous compris que nous allons vers une alliance Delanoë-Aubry-Hamon et que notre candidat au poste de premier secrétaire sera Aubry, même si on fait mine de refuser pour l’instant » Avec ce paradoxe : « Sur le fond on est plus proche de Royal, sociale-démocrate comme nous, que d’Hamon ».
Hamon remet le choix à samedi soir, mais se rapproche d'Aubry
Côté de la motion C, les partisans de Benoît Hamon n'ont rien décidé de précis ce soir. Hamon puis Henri Emmanuelli ont pris chacun la parole pour rappeler que la candidature d'Hamon est "toujours légitime", mais que rien n'était encore gravé dans le marbre. Une alliance avec Martine Aubry n'est donc pas exclue, et même fortement probable. A la sortie de l'AG, un militant Hamon reconnaît qu'une alliance Hamon-Aubry-Delanoë "présente le risque du Tout-Sauf-Royal et donc d'une victimisation de Royal qui pourrait la renforcer".
"Mais que faire?, demande ce militant. Laisser Royal prendre le parti sans réagir? Il y a bien sûr le risque d'une interprétation médiatique en sa faveur, mais nous ce que l'on voit, c'est qu'elle n'est pas la candidate évidente du PS. Elle est certes arrivée en tête jeudi dernier, mais faut pas oublier qu'en deux ans, elle est passée de 62% chez les militants (son résultat aux primaires socialistes de fin 2006) à 29%. C'est la réalité de son affaiblissement au sein du parti".
A Reims, Bastien Bonnefous, Stéphane Colineau, Emile Josselin