JUSTICE - Ils encourent 10 à 20 ans de prison...
Les neuf personnes de
la «cellule invisible» (nom qu'elles se sont donné, ndlr), soupçonnées
de sabotages sur le réseau SNCF le 26 octobre et le week-end dernier, seront déférées ce samedi matin et présentés à un ou plusieurs juges d'instruction en vue d'être mis en examen, a annoncé ce vendredi le procureur du Parquet de Paris, Jean-Claude Marin.
Parmi elles, Julien Coupat a bien été identifié comme étant le dirigeant d'un «noyau dur» de cinq personnes ayant participé aux dégradations. Originaire de Bordeaux, ce fils de médecin, poursuivi pour avoir dirigé une structure à vocation terroriste, risque ving ans de prison. Il
avait été arrêté avec sa compagne Yldune mardi dans le petit village de Tarnac, en Corrèze.
Caractère international de la cellule
Quatre autres personnes sont poursuivies pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, et dégradation en réunion». Au total, cinq mandats de dépôt ont été décernés, dont quatre correctionnels et un criminel.
Les quatre derniers membres seront poursuivis pour association de malfaiteurs
en relation avec une entreprise terroriste, et risquent dix ans de prison.
L'accent a été mis sur le
caractère international des méfaits supposés, le noyau dur étant soupçonné d'avoir mené des actions en France et à l'étranger. «Il apparaît des liens avec des cellules équivalentes agissant en Allemagne, En Grèce, en italie et aux Etats-Unis», a précisé le procureur.
Un groupe jeune et solidaire
Ce dernier a donné un peu plus de détails sur les membres de cette cellule, quatre hommes et cinq femmes âgés entre 35 et 22 ans. «Il s'agit d'un groupe caractérisé par une solidarité qui s'ancre dans la marginalité», a-t-il soulignant, insisitant sur le fait que les gardé à vue ont refusé de répondre à toute question, y compris sur leur identité et leur cursus. «Ça ne prendra pas beaucoup de temps pour lire les procès-verbaux», a ironisé Jean-Claude Marin.
Le procureur a par ailleurs rappelé que tous appartenaient à des milieux sociaux très ou assez aisés (grande bourgeoisie, bourgeoisie, fonctionnaires, cadres moyens) et cultivés. «La plupart sont titulaires d'un diplôme de 3e cycle ou équivalent», a précisé Jean-Claude Marin. Le leader de la cellule a ainsi fait une école de commerce (l'Essec dans le Val d'Oise, ndlr) avant de rejoindre une fac de sociologie politique. Il a créé la cellule invisible en 2002-2003 et, selon un de ses compères, est l'auteur d'un bréviaire de la lutte armée.
Une Suisse parmi les interpellés
Tous ne sont pas français. Parmi les personnes interpellées figure ainsi
une comédienne de 26 ans née à Genève, de nationalité suisse.
Le procureur, enfin, a indiqué qu'aucune trace d'ADN ou capillaire avait été retrouvée. Pour l'instant, les enquêteur disposent de matériels saisis: cartes récupérées dans une poubelle, lampes frontales, perches, coupe-boulons... Des expertises sont en cours.
Catherine Fournier et Julien Ménielle