Il s'est échappé de son hôpital psychiatrique, a pris le bus, acheté un couteau et a poignardé à mort le premier passant venu, un étudiant de 26 ans. Ce tragique fait divers, survenu mercredi à Grenoble (Isère), soulève la polémique, au point que Nicolas Sarkozy a réclamé hier au gouvernement de « préparer sans délai une réforme en profondeur du droit de l'hospitalisation psychiatrique » afin de « mieux encadrer les sorties des établissements ».
« Les malades mentaux à risque sont une minorité, la plupart sont gentils, rappelle pourtant Roland Coutanceau, psychiatre, criminologue et président de la Ligue française de santé mentale. Quant au 1 % de schizophrènes qu'on compte dans la population, seul 1 % justifieraient une politique de santé spécifique. » Pour autant, « il n'y a pas de risque zéro », souligne t-il.
Dès lors, faut-il supprimer toute permission de sortie aux malades mentaux ? Avant sa fugue, le meurtrier présumé de 56 ans, atteint de schizophrénie et déjà auteur de trois agressions du même type, avait le droit à deux sorties d'essai par semaine depuis septembre, un régime validé par la préfecture. Il était qualifié de patient « sinon modèle du moins qui ne posait aucune difficulté » par le directeur de son hôpital psychiatrique. Depuis son coup de folie, l'homme a été placé en chambre d'isolement dans le même hôpital. L'affaire relance le débat sur l'enfermement des individus susceptibles, d'après leur passé ou leur état, d'être dangereux. Laure de Charette
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