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Comment Ségolène Royal a réussi son retour sur la scène socialiste

Bertrand Delanoë et Ségolène Royal le 6 février 2007 à Paris
Bertrand Delanoë et Ségolène Royal le 6 février 2007 à Paris/Eric Feferberg AFP/Archives

POLITIQUE – L'ex-candidate à la présidentielle a déjoué les pronostics…

Cette fois, les sondages n'ont pas fait l'élection au Parti socialiste. Si Delanoë était donné favori, c'est finalement Ségolène Royal qui est arrivée en tête du scrutin sur les motions, jeudi. A chaud, petit tour d'horizon des raisons à l'origine de cette surprise.

Une volonté de renouvellement
La motion de Ségolène Royal a bénéficié d'une envie de changement des militants socialistes, qui ont choisi pour 29% d'entre eux de lui confirmer le soutien qu'ils lui avaient témoigné avant la présidentielle. Elle a su entretenir cette image rénovatrice en s'entourant d'une équipe jeune. Vincent Peillon, Najat Belkacem, Delphine Batho ou encore Aurélie Filipetti ont joué les premiers rôles.
A noter toutefois que cette volonté de renouvellement s'est aussi exprimée à travers la candidature de Benoît Hamon, comme l'a reconnu Patrick Menucci, qui soutient pourtant Ségolène Royal. Hamon a aussi mis en avant les jeunes pousses du parti dans son équipe de campagne, où l'on retrouvait l'ancien président du MJS Razzy Hammadi, l'ex-dirigeant de l'Unef, Bruno Julliard, et le benjamin de l'Assemblée nationale, Olivier Dussopt.

Une distance étudiée vis-à-vis du PS
Ségolène Royal a gardé sa marque de fabrique: la distance vis-à-vis des luttes d'appareils qui ont secoué le PS avant le congrès, comme s'en félicitait en septembre le sénateur de Paris David Assouline à La Rochelle [lien]. Elle a relativement peu critiqué ses rivaux dans la course au leadership socialiste. Mais, en parallèle, elle a su éviter les erreurs qui avaient un temps détourné d'elle ses soutiens locaux, comme Gérard Collomb, le maire de Lyon, et le Marseillais Jean-Noël Guérini, en mettant «au frigidaire» sa candidature à la tête du PS. Et s'est pliée au rituel des congrès.

Le soutien des grosses fédés
En ralliant à elle les élus locaux de la «Ligne claire» (dont Collomb et Guérini), Ségolène Royal s'est assurée du soutien des grosses fédérations comme celle des Bouches-du-Rhône, qui, jeudi, a voté pour elle à 73%. De quoi compenser son déficit dans le Nord (où elle récolte 10%, moins que Benoît Hamon) et le Pas-de-Calais, où elle ne réalise que 12%. Dans le Rhône, grâce au soutien de Gérard Collomb, elle récolte 41% des 2.200 votes. A contrario, Bertrand Delanoë n'a pu s'appuyer sur de tels soutiens, se retrouvant même en difficulté à Paris, où il n'a recueilli que 36%.

Un virage à gauche
Après le succès mitigé de son passage au Zénith, où elle avait tout de même réuni 4.000 personnes, Ségolène Royal a probablement refait son retard avec un discours fort sur la crise financière ces dernières semaines, notamment en jugeant le modèle social-démocrate «périmé», et en demandant l'entrée de l'Etat au capital des banques. Elle avait amorcé une critique du capitalisme forte lors de son discours à l’université d’été de La Rochelle, en dénonçant les «fondements du système».


A votre avis, y a-t-il d'autres raisons à la victoire de Ségolène Royal?
E.J.
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