Antonio Ferrara et deux co-accusés quittent le procès

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Publié le 7 novembre 2008.

JUSTICE - Ce départ crée une «situation inédite»...

Nouveau coup de théâtre au procès du roi de la belle. Antonio Ferrara et deux de ses 20 coaccusés ont quitté ce vendredi vers 14h30, comme ils l'avaient annoncé, le procès de l'évasion de la prison de Fresnes du braqueur en 2003.

Janine Drai, qui préside le procès, a admis vendredi que la tenue d'une audience d'assises en l'absence du principal accusé était «une situation inédite» en France, admise sous certaines conditions par le Code de procédure pénale et la Cour de cassation (lire encadré).

A la reprise de l'audience en début d'après-midi, Antonio Ferrara, Hamid Hakkar et Dominique Battini ont confirmé leur décision après une dernière tentative désespérée d'une des parties civiles de les retenir.

«Je ne tiens plus»

«Je m'en excuse à l'avance auprès de Mme Prado (une des surveillantes de prison partie civile), je renonce à cette audience», a déclaré Ferrara.

Avant la suspension il avait répété qu'il ne voulait plus comparaître et avait été imité par deux de ses coaccusés. «Je ne tiens plus (...) je serai jugé en mon absence», avait déclaré Ferrara peu avant la suspension de mi-journée.

Mercredi, cinq accusés, dont Ferrara, avaient décidé de récuser leurs avocats et de ne plus assister aux audiences. Ce coup de force, qui avait pour but de provoquer le renvoi du procès, faisait suite à une série d'incidents entre les accusés et la cour d'assises de Paris.

Une bagarre entre les accusés et leurs gardes

Mardi soir, une bagarre avait éclaté dans le box entre les accusés et leurs gardes. Dans la foulée, les avocats de la défense avaient demandé le renvoi du procès, estimant que cette «explosion de colère» ne permettait plus la «sérénité» des débats.

Après intervention du bâtonnier et du procureur général de Paris, la présidente de la cour avait refusé mercredi tout renvoi. «Je récuse la totalité de mes avocats, je refuse d'être jugé dans ces conditions», avait aussitôt déclaré Ferrara, suivi par quatre complices présumés.

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B. B. (avec agence)
Le Code de procédure pénale, dans ses articles 319 à 322, donne au président de la cour d'assises le droit d'ordonner la comparution, au besoin par la force, d'un accusé. Toutefois, si ce dernier trouble les débats de la cour, les articles 321 et 322 permettent son «expulsion de la salle d'audience». Dans ce cas, il «est gardé par la force publique, jusqu'à la fin des débats, à la disposition de la cour», dans une salle du tribunal par exemple. Il lui est alors «donné lecture, après chaque audience, du procès-verbal des débats».
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