USA 2008 - A la fois manager et conseiller politique, son rôle varie en fonction du style du président.
Alors que Rahm Emanuel vient d'accepter de devenir le chef de cabinet de Barack Obama, 20minutes.fr fait le point sur le poste de secrétaire général de la Maison Blanche. A la fois manager et conseiller, son rôle varie en fonction du style de gouvernance que le président entend mener.
De notre correspondant à New York
De l’aveu même de ceux qui en ont fait l’expérience, une grande partie du
travail du secrétaire général de la Maison Blanche consiste … à déterminer quel est, au juste, son rôle exact. Membre le plus haut placé au sein de l’équipe exécutive du président, il conjugue responsabilités managériales et rôle de conseil.
Gerald Ford, par exemple, devenu président de 1974 à 1977 suite au Watergate, expliquait ainsi que «vous avez besoin d’un filtre, une personne dans laquelle vous avez complètement confiance, qui travaille avec vous de manière si proche que dans les faits, elle est presque votre alter ego». Au jour le jour, la gamme de ses pouvoirs va du purement bureaucratique à une position plus partisane et agressive, en fonction de sa relation avec le président.
Alors que s’effectue la
transition entre deux administrations, le secrétaire général participe activement à la sélection des membres de l’équipe du président (voir un organigramme
en PDF ici). Tout en déterminant l’organigramme du cabinet du président, il supervise son travail et filtre le flux d’informations qui transitent entre l’exécutif et le Bureau ovale.
Maîtriser les fuites en temps de crise
Il conseille et guide le Président dans ses choix et priorités politiques. Il négocie également en son nom avec le Congrès, les différents échelons de l’exécutif et les agences fédérales. En termes de relations publiques, il s’assure également que les messages à l’égard de la presse restent coordonnés et tente de maîtriser les fuites en temps de crise.
Bref, son impact est en grande partie modelé sur le style du président, et l’étendue du contrôle que ce dernier souhaite avoir sur le fonctionnement de son équipe au quotidien.
Andrew Card, le premier conseiller de George W. Bush par exemple,
avait la réputation de soigneusement limiter les informations arrivant jusqu'au président. «Le président doit avoir le temps de manger et de dormir, sinon il prendra des décisions sous le coup de la colère ou de l’agacement», déclarait-il par exemple en 2004.
Et pour en savoir plus sur le rôle du «chief of staff», rien de tel qu'un visionnage extensif de la série
West Wing («A la Maison Blanche») pour voir en action Jon Spencer (AKA
Leo McGarry).
Gilles Bouvaist