PORTRAIT - Notre blogueur, Kito de Pavant part pour son premier tour du monde...
Kito de Pavant n'a vraiment rien du goéland de l'année. La gueule tannée par le soleil de la Méditerranée et les cheveux délavés par le sel, on l'imaginerait revêche. Son sourire noie immédiatement les stéréotypes. Aussi à l'aise dans les salons snobs du pavillon d'Hermenonville, lieu de présentation très médiatico-parisien du Vendée Globe que sur les pontons, Kito est un gars cool. «On va stresser pendant trois mois, alors ça ne sert vraiment à rien de commencer maintenant», annonce à quelques jours du départ du Vendée
celui qui a comme devise «Faire sérieusement son boulot de marin sans se prendre au sérieux...»
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Après plus de 30 ans de navigation et 35 traversées de l'Atlantique, Kito de Pavant n'est pas un novice. Le dériveur en Méditerranée, les convoyages des bateaux, le haut niveau qu'il découvre brillamment à près de 40 ans en gagnant la trilogie de la Classe Figaro (la solitaire, la transat AG2R et la Solo Med) l'ont installé comme l'un des meilleurs skippers français. Mais le Vendée Globe a la magie de transformer les marins les plus chevronnés en enfants émerveillés. «En 2000, je me suis mis à la course pour voir si j'en étais capable. Je n'aurais jamais imaginé courir un jour le Vendée Globe, se souvient Kito De Pavant. Et puis j'ai découvert le regard des marins quand ils reviennent de leur tout du monde. Ca n'arrive nulle part ailleurs.»
Un gars émotif
A un quart d'heure de l'arrivée de son Figaro victorieux en 2002, alors qu'il avait course gagnée, De Pavant avait pleuré comme un gamin. Pour chavirer à nouveau, depuis 4 ans, le marin méditerranéen prépare son Tour du monde. Il a construit un des plus beaux bateaux de la flotte, à la fois léger et fin pour tenter de naviguer avec douceur. «Etre en mer c'est déjà fatiguant mais alors être en mer sur nos bateaux, c'est vraiment exténuant», analyse le skipper dont une fracture à la jambe a perturbé la préparation. «Maintenant ma jambe est une sorte d'hydromètre. Quand c'est vraiment humide, elle me lance un peu à l'endroit de la fracture mais sinon j'ai tendance à l'oublier...
Un siège chauffant
Puisque le bateau n'a eu aucun souci en 23 000 miles et que la jambe a l'air de tenir, les appréhensions sont ailleurs. «Le froid est un truc qui m'inquiète un peu. En bon Méditerranéen, je suis déjà frileux en mer d'Irlande au mois d'août alors dans les mers du Sud où il fait en permanence entre 0 et 5 degrés...» Il n'embarquera pourtant pas de chauffage mais un siège chauffant comme dans les grosses voitures. «De toute façon, ça ne sert à rien d'essayer de chauffer toute la cabine alors autant essayer de se concentrer sur une petite partie...»
Et puis, il y a le rythme d'un course que tout le monde annonce folle. «On va peut-être le suivre et même l'imprimer», prédit Kito De Pavant. Cool mais pas trop...
vendeeglobe
M. Go.