Quand vous écrivez un spectacle, pensez-vous à son passage sur de très grandes scènes?
Oui, j'ai changé d'écriture avec le succès. Il fallait qu'elle se prête à une gestuelle. L'inspiration, les thèmes restent les mêmes mais sur le jeu, c'est sûr qu'il y a des choses qui ne passent pas dans les grandes salles : les attitudes, les expressions du visage... Le grand débat, ce sont les écrans géants. Je ne sais pas si je devrais en mettre.
Justement, votre spectacle a-t-il dû s'adapter au Palais des Sports de Paris où vous avez joué pendant un mois?
Il n'aurait pas pu être créé dans une salle comme ça. Je l'ai rodé longtemps, si bien qu'aujourd'hui il peut résister à la masse de cette arène. Il peut même être un peu tordu par les impros.
L'improvisation, est-ce important?
Oui, c'est un carburant qui évite les coups de mou. Je suis sur scène tous les soirs depuis plus de deux ans. C'est très éprouvant. Ça demande de la disponibilité mentale, de la générosité.
C'est un peu l'impro qui revivifie le spectacle?
J'ai mis un an et demi à l'écrire. En rédigeant énormément, en essayant des choses, en les gommant... C'est un travail de fou pour arriver à trouver la phrase qui claque parce que tu l'as dite de telle manière, très précise. Quand on tient ça, on peut s'éclater à broder, à réinventer. Je pourrais jouer le même spectacle toute ma vie si j'y ajoute de l'impro.
Vivez-vous la scène comme une drogue?
Un peu. C'est bon, dur et cruel. Je prends mon pied les soirs où ça marche.
Et plus il y a de public, plus le plaisir est grand?
Oui. Les grandes salles me filent une décharge d'adrénaline très, très forte. L'excitation met du temps à retomber.