SANTE - Un rapport préconise le développement en France de la collecte et l'usage du sang...
Une série de propositions pour développer la collecte et l'usage du sang de cordon ombilical, un domaine où la France, pourtant pionnière en matière d'applications thérapeutiques, accuse un retard important, ont été présentées ce mardi par
Marie-Thérèse Hermange, sénatrice UMP de Paris.
La sénatrice demande que la France mette en place «une politique de collecte plus ambitieuse fondée sur une information transparente», afin que le cordon ombilical ne soit plus traité «comme un simple déchet opératoire». Mais elle insiste pour que cela se fasse «dans le respect des principes éthiques du don anonyme, gratuit et non dirigé».
Soigner de nombreuses maladies du sang
Le sang de cordon, récolté après la naissance dans le cordon ombilical reliant le bébé au placenta, contient des cellules souches aujourd'hui couramment utilisées pour soigner de nombreuses maladies du sang, notamment des leucémies. La première opération avait été réalisée en 1988 à l'hôpital Saint Louis (Paris)
par l'équipe d'Eliane Gluckman.
La greffe de sang de cordon est utilisée dans quelque 85 indications, souligne Marie-Thérèse Hermange dans son rapport. A court terme, les cellules souches de sang de cordon devraient aussi permettre de soigner les grands brûlés grâce à leur capacité à reconstituer la peau.
Retard considérable de la France
Un autre type d'application est attendu à plus long terme: le développement de thérapies régénérant différents organes (muscle cardiaque, rétine...).
Face à ces développements, la France accuse «un retard considérable» en termes de stocks, ne se situant qu'au 16e rang mondial avec quelque 7.000 greffons stockés en juin 2008 (contre par exemple 26.000 unités stockées en Espagne).
Et ce malgré un nombre de naissances important et le fait que le sang de cordon ne pose pas de problème éthique important, souligne la sénatrice. En 2007, 64% des greffons utilisés en France ont dû être importés, représentant un coût de 3,6 millions d'euros pour l'assurance maladie.
Seules huit maternités habilitées
Le rapport recommande donc de porter «le plus rapidement possible et au plus tard d'ici à 2020» le nombre d'unités de sang de cordon stockées en France à 50.000.
Actuellement, seules huit maternités sont habilitées à collecter le sang de cordon. La France est en outre le seul pays européen à ne pas autoriser l'implantation des banques de stockage privées (près des trois quarts des banques de sang de cordon au monde sont privées).
Avec agence