POLITIQUE – Le couple Delanoë–Hollande met la pression sur la concurrence...
Il n’y a pas que les élections américaines dans la vie. Ce mardi, c’est J-2 avant le vote des adhérents du PS et la pression monte de partout. Appel de François Hollande pour un 75e congrès du parti «clair et limpide» dans le «Parisien», portrait de Martine Aubry en der de «Libération», sondage couronnant Bertrand Delanoë pour le site du «Nouvel Observateur», Ségolène Royal plaidant lundi pour la baisse du coût des adhésions en 2009 et invitant ce mardi à une «transformation profonde du parti»: les manœuvres se multiplient à l’approche du choix des militants.
Jeudi, de 17 à 22 heures, 235.000 adhérents présents sur les listes du parti sont concernés, même si 65.000 ne pourront voter qu'en mettant à jour leur cotisation (une bonne centaine d’euros pour régulariser deux années de cotisations).
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Etape primordiale
Cette étape est primordiale, et souvent plus importante que le Congrès lui-même. En 2003 comme en 2005, c’est là que François Hollande a bâti sa majorité, arrivant au Congrès en position de force face aux autres motions: son texte avait recueilli plus de 50%. Avant même le Congrès, il l'avait déjà emporté sur les autres courants.
Du passé, Hollande n’a surtout pas fait table rase et le clan Delanoë est mis en confiance par le sondage LH2 du nouvelobs.com publié ce mardi, qui affirme qu'il serait le meilleur dirigeant du PS dans les années à venir pour 30% des sympathisants socialistes interrogés, devant Royal (19%) ou Aubry (13%). Attention cependant aux effets d'annonce: la marge d'erreur d'une telle étude est conséquente, et ce sont les adhérents, et non les sympathisants, qui votent.
Eviter les «combinaisons»... si possible
Décrocher les autres afin d’éviter les négociations, tel est l’objectif de du maire de Paris. «Je ne participerai jamais à des combinaisons sur le dos des militants»,
dit Delanoë dans «France Soir». Sur une possible alliance, par exemple avec Martine Aubry, il répond: «Notre rassemblement s’est opéré sur le fond. J’aurais aimé que Martine en fasse partie. Je le lui avais proposé publiquement. Elle a fait un autre choix, que je respecte».
Il s’agit de gagner et
le plus nettement possible. François Hollande a ainsi répété le credo ce mardi : «Pour que le congrès de Reims soit clair et limpide, une motion doit nettement se détacher et un vainqueur être proclamé. Si tel n'est pas le cas, le PS risque d'être ingouvernable et réduit aux combinaisons et aux arrangements».
Le «coup de la peur» pour Cambadélis
Jean-Christophe Cambadélis, qui soutient Aubry, n’est pas dupe et accuse Hollande de faire «comme à chaque congrès, le coup de la peur et de la défiance».
«Dire que le PS ne sera plus gouvernable, alors qu'aujourd'hui, il n'est plus gouverné, cela fait quand même sourire", grince le député Christian Paul, un autre pro-Aubry.
Même écho du côté des royalistes,
où l'eurodéputé Vincent Peillon prétend que «les socialistes ne sont pas des grenouilles qui demandent un roi ou une reine», et qu'il n'y a «rien de honteux à construire une majorité» après le vote.
Invité lundi du Talk Orange-Le Figaro, Julien Dray, qui supporte la motion de Ségolène Royal, avait déjà minimisé les écarts: «Personne n’est aujourd’hui en situation de dire qu’il a gagné ou qu’il va gagner, ou encore qu’il va être en tête». Tout en notant qu’il est «normal que chacun essaie de mettre tout son poids dans le vote des militants d’autant qu’on sent qu’il y a une certaine incertitude». Incertitude savamment entretenue par les ténors du PS.