Mais où se cachent les républicains d'Hollywood

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Publié le 4 novembre 2008.

REPORTAGE - Plus de 200 personnes patientaient avant même l’ouverture des bureaux de vote...

De notre correspondant à Los Angeles

6h45. Le soleil se lève tout juste sur Los Angeles.
Les bureaux de vote n’ouvrent pas avant 7h, mais sur Melrose Ave, la file d’attente s’enroule déjà autour du bloc. Au total, plus de 200 personnes. «Si on continue à ce rythme, on va battre tous les records», estime Mary, une volontaire qui vérifie une dernière fois que les bulletins dans différentes langues (anglais, espagnol, chinois, japonais, coréen) sont au bon endroit.

Jen était la première arrivée, à «5h30». «Ca fait 8 ans que j’attends que Bush parte, ça méritait bien de me lever tôt!», plaisante-t-elle. Pour qui va-t-elle voter? «Obama, évidemment». «Qui sain d’esprit pourrait choisir McCain», raille sa voisine. Pour elle, vu «la crise économique et dans un monde qui change, il faut quelqu’un de neuf».

Neuf et afro-Américain. Jimy est arrivé du Nigeria il y a 25 ans. Avec ses dreads et son bonnet rasta, il y a de la musique dans sa voix. Il n’aurait raté ce jour «pour rien au monde». Pour autant, il reste mesuré: «Avant d’être noir, Barack est avant tout un homme. Son élection ne changerait pas tout par magie, mais ce serait un message formidable envoyé au monde entier.». Juste à côté, un couple acquiesce. Jenny attend un heureux événement pour décembre. «Que mon fils naisse dans un monde avec le premier président afro-américain des Etats-Unis, ce serait merveilleux».

«No on prop 8»

Tout au bout de la file, Mark tapote nerveusement sur son Blackberry. Il explique: «J’ai un meeting à 8h30. Vu le monde, je ne sais pas si je vais pouvoir y assister. On va peut-être devoir faire ça au téléphone».

Quelqu’un lui tend un prospectus «No on prop 8», le référendum pour limiter le mariage à l’union d’un homme et d’une femme, qui signifierait la fin du mariage gay, légal depuis mai dernier en Californie (lire notre reportage). Selon Mike, «ici à West Hollywood (qui compte l’une des plus importantes communauté gay de Californie), ils prêchent des convaincus».

Jason, qui harangue les passants, n’est pas si optimiste. «Certains me disent d’aller me faire foutre», raconte-t-il en montrant fièrement son alliance. «J’ai épousé Kevin en juillet, et maintenant, on veut nous reprendre ce droit, ce n’est pas juste».

«2 minutes pour voter»

La file se met à bouger. Paul, le sourire aux lèvres, ressort, avec un autocollant «a voté». «Ca m’a pris moins de deux minutes, mais je m’étais préparé en lisant toutes les propositions, je n’avais plus qu’à faire les trous». Pour qui? «Obama». Même verdict pour les dix personnes suivantes. Une chance pour McCain avec Elizabeth, 73 ans? «Non non, Obama», s’excuse-t-elle. Demander à la cantonade s’il y a des républicains n’y change rien. La quête continue. Prochaine étape, Inglewood, un quartier très prisé des gangs.

Philippe Berry, à Los Angeles
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