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Donner le nom du président des Etats-Unis? Impossible pour la plupart des quotidiens français

McCain Obama Harrys
McCain Obama Harrys/

MEDIAS - Ils bouclent trop tôt. La colle...

Mercredi matin, quand les Français se lèveront en découvrant le nom du prochain président des Etats-Unis, les quotidiens français auront des unes impersonnelles. Et pour cause: ils auront bouclé leur édition avant de connaître les résultats des votes. Une colle qui se répète - au moins - tous les quatre ans, à chaque élection américaine, et que ne connaissent pas les sites Web.
 
«On est planté, c’est malheureux pour un quotidien, explique à 20minutes.fr Thomas Liard, journaliste à «Direct Matin», le gratuit qui appartient à Vincent Bolloré. «La contrainte du bouclage à 23h est impitoyable, soupire à son tour Henri Gibier, directeur de la rédaction des «Echos». On va devoir faire un journal sans connaître le résultat.» L'édition imprimée de 20Minutes connaît le même casse-tête.

Des dossiers plutôt que des articles réactifs

Du coup, on trouvera à l’intérieur de ces quotidiens des articles sur les grands chantiers et défis du nouveau Président, qui ne sera pas nommé. Dans «Les Echos», il y aura un zoom sur les chiffres de l’Amérique: l’énergie et le nombre de litres d’eau consommés par Américain, la place des ethnies aux Etats-Unis, etc. «Ces  chiffres disent beaucoup de l’évolution de la société américaine, souligne Henri Gibier. Les Etats-Unis ne sont plus la force dominante qu’ils ont été.»
 
Retarder le bouclage
 
D’autres titres ont essayé de reculer au maximum l’heure d’impression. «Le Parisien/Aujourd'hui en France» bouclera à 3h30 une édition distribuée uniquement à Paris. Même chose pour «Le Figaro» qui boucle même à 5h30. «Libération» a conçu un dispositif plus compliqué: il y aura d’abord un journal normal puis un numéro spécial, bouclé à 5h du matin et disponible à la vente à partir de 10h30, à Paris seulement.
 
Problème: difficile de savoir si les résultats seront fiables avant 8h, heure française, voire plus dans certains Etats. Or Dominique de Montvalon, le directeur de adjoint de la rédaction du «Parisien», prévient: «Nous ne voulons rien publier qui ne soit certain. On ne veut pas faire de pari sur la foi de sondages sorties des urnes ou de ce que diront les médias américains». Une option que n'a pas retenu le journal satirique «Le Canard Enchaîné» qui annonce la victoire de Barack Obama avant d'avoir les résultats et titre «L’Amérique n’a plus peur du Noir».
 
«Le Monde», qui boucle tous les matins à 10h30, s’en tire bien. Et devrait avoir une édition pile dans l’actualité.
 
Le problème de la «une»

 
Autre souci: la une. Quelle photo et quel titre mettre sur la couverture quand on ignore encore le vainqueur? «ça risque d’être une image d’illustration genre la Maison Blanche, mais on ne pourra pas mettre la tête du nouveau Président», reprend le journaliste de «Direct Matin». Henri Gibier pense que «Les Echos» titreront, quelque soit le résultat, sur une formule qui ressemble à «Un nouveau Président pour une nouvelle Amérique». Libération confie à 20minutes.fr qu’il y aura, dans leur journal dit «normal» (avant le numéro spécial, donc), les deux candidats tête-bêche, avec une page pour chacun. «Comme cela, les gens pourront quand même lire la partie qui concerne le gagnant», indique Laurent Joffrin, le directeur de la rédaction.
 
Le lendemain

 
Résultat: les quotidiens ne pourront vraiment couvrir l’élection américaine que le jeudi matin. Hors de question pourtant de faire une «une» avec la photo du vainqueur. «Ce sera trop tard, tout le monde le saura, il faudra faire de l’analyse, des interviews d’experts, et offrir un éclairage sur ce que va changer pour l’économie, car c’est la question que tous nos lecteurs se poseront», conclut Gibier.
Alice Antheaume
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