«Aux Etats-Unis, la "chick lit" est un phénomène»

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Publié le 4 novembre 2008.

LIVRES - Après le «Diable s'habille en Prada», Lauren Weisberger sort un nouvel ouvrage. Interview...

La reine de ce que l’on appelle la «chick lit» - la littérature pour poulettes en VF, c’est elle. Lauren Weisberger, déjà auteur du «Diable s’habille en Prada», vendu à des millions d’exemplaires, livre son troisième opus, «Sexe, diamants et plus si affinités» (éd. Fleuve noir). L’histoire de trois trentenaires new-yorkaises qui font le pacte de changer de vie. Interview de leur créatrice dans le double contexte de la crise financière et de l’élection du Président imminente.
 
Cela vous gêne-t-il d’être rangée dans la catégorie «chick lit»?

Non, j’adore ces livres qui font rire les gens et les font sortir de leur vie morose au bureau. Et puis, je me fiche du nom de cette catégorie. Si un jour je devais changer de registre, mais ce n’est pas pour tout de suite, j’écrirais peut-être des romans d’espionnage, car tout le monde est un peu agent secret aujourd’hui, avec tous ces voyages que l’on fait.
 
La «chick lit» marche bien en France, mais pas aussi bien qu’aux Etats-Unis. Comment l’expliquez-vous?
Aux Etats-Unis, en effet, c’est un phénomène incroyable. Il y a même l’équivalent masculin de la «chick lit», la «lad lit» (littérature pour garçons, ndlr). Mais son succès est peut-être tout simplement dû à la taille du marché américain.
 
Vos héroïnes sont névrosées....
Qui n’a pas de névrose? Peut-être qu’en France, vous les cachez, mais à New York, on en est fiers (rires). A vrai dire, je ne saurais pas écrire si mes personnages n’étaient pas névrosées...
 
Vous écrivez que les hommes européens portent souvent des jeans moulants. C’est un cliché, non?
Non, je confirme, ils portent des jeans moulants! Ils sont très bien habillés, si bien que c’en est presque trop stylisé. Alors que les Américains, eux, ont plutôt tendance à ne rien faire pour apprêter leur mise... Et ils le revendiquent!
 
Comme pour «Le Diable s’habille en Prada», votre nouvel opus va aussi être adapté au cinéma. Pouvez-vous en dire plus?

Dès cet été, les studios Universal ont acheté les droits du bouquin. Le réalisateur choisi est Andy Tennant. Quant à l’adaptation, elle sera faite par la scénariste Gina Wendkos. Je ne participe à l’adaptation, je leur fais confiance. En tant qu’auteur, je serais censée me sentir propriétaire de cette histoire, mais dans les faits, pas du tout.
 
Vous êtes pro-Obama. Qu’est-ce que, selon vous, Bush a raté pendant ses huit ans de présidence?
Il a commencé la guerre en Afghanistan, mais ne l’a pas finie. Aujourd’hui, c’est un désastre. Je pense que l’Afghanistan est la priorité numéro 1 pour le nouveau président. Ses autres priorités? La santé et le système de sécurité sociale et, évidemment, la situation économique liée à la crise.
 
Subissez-vous des répercussions de la crise financière?

Je ne sais pas si cela va m’affecter directement, mais mes éditeurs, oui. Car plus personne n’achète rien. Là où je vois le plus de conséquences de la crise, c’est auprès de mes amis. J’en ai beaucoup qui travaillent à Wall Street et sont terrifiés à l'idée de perdre leur boulot alors qu’ils ont une famille à entretenir.
Recueilli par Alice Antheaume
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