L'Amérique a rendez-vous avec l'histoire

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Publié le 4 novembre 2008.

Quelle qu'en soit l'issue, cette élection changera le pays. Pour la première fois, en effet, un Noir - le terme métis n'existe pas aux Etats-Unis - et une femme sont susceptibles d'accéder à la Maison Blanche. Le premier, le démocrate Barack Obama, est le favori des sondages pour le fauteuil de président. La seconde, Sarah Palin, se présente en tant que vice-présidente du républicain John McCain, plutôt en berne dans les enquêtes d'opinion. Jusqu'à présent, Washington n'avait vu que des hommes blancs s'installer dans le Bureau ovale. La société américaine, qui compte désormais un tiers de non-Blancs, et, depuis toujours, une moitié de femmes, aura eu raison de ses représentants, qui devraient désormais lui ressembler un peu plus. « Ce sera très improbable à l'avenir de trouver quatre homme blancs comme candidats à la présidence et à la vice-présidence », affirme Larry Sabato, professeur de sciences politiques à l'université de Virginie.

Deux conceptions face à face

Mais ce n'est pas tout. Si John McCain l'emporte, le sénateur de l'Arizona deviendra, à 72 ans, le plus vieux président qu'aient jamais connu les Américains. Après huit années de présidence de George W. Bush, tombé à 25 % d'opinions favorables, les Etats-Unis renouvelleraient ainsi leur confiance au Parti républicain ? McCain n'est pas, loin s'en faut, le digne héritier du futur ex-président. N'empêche, deux Amériques semblent se faire face aujourd'hui : l'une avide de changement, l'autre repliée sur ses fondamentaux. Le sociologue Todd Gitlin évoque ce scrutin comme celui de « l'âme de l'Amérique ». La candidature d'Obama, né de l'union d'un père kényan et d'une mère américaine, est, de fait, lourde de symboles dans un pays, où, en 1961, année de sa naissance, certains Etats du sud des Etats-Unis interdisaient toujours les mariages interraciaux.

Quelque 153 millions d'électeurs mobilisés

Enfin, ce scrutin, le plus coûteux de l'histoire, avec un milliard et demi de dollars dépensés par les deux candidats, suscite un engouement jamais vu. Quelque 27 millions d'Américains auraient déjà voté par correspondance et une participation record est attendue aujourd'hui. Mais déjà, d'aucuns craignent que le système électoral ne soit à la hauteur. Ces derniers jours, le cauchemar de 2000, qui avait vu la Cour suprême trancher, au profit de George W. Bush, l'issue du scrutin n'a cessé de hanter les Etats-Unis. Or, cette fois-ci, un tel scénario pourrait avoir des conséquences inattendues sur l'avenir du pays, les deux camps se livrant depuis des mois une bataille sans merci. Pire, pour Frank Bruni, du New York Times, dans le contexte actuel, « il y aura des problèmes si on fait le mauvais choix. Mais peut-être aussi si on fait le bon. » C'est ce qui s'appelle avoir la pression. Armelle Le Goff

- ©2008 20 minutes
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