« Maintenant, où comptez-vous loger cette dame ? », demande la présidente. « Il y a des antennes partout... », répond à regret l'avocate du bailleur social. La cour d'appel de Colmar s'est penchée hier sur le cas de Sabine Rinckel, Strasbourgeoise de 44 ans dite « électrosensible » et qui réclame de son bailleur un relogement dans une zone dépourvue d'antennes-relais téléphoniques. Déboutée en première instance en 2006 au motif que ses troubles (maux de tête, fourmillements, douleurs aux vertèbres...) avaient été jugés « subjectifs », la plaignante était venue accompagnée de Marc Cendrier, président de l'association Robin des Toits, qui combat les antennes-relais. « Ce qui se passe aujourd'hui est loin de l'événement local », a souhaité préciser le militant, rappelant que l'électro-hypersensibilité est un syndrome reconnu en Suède et au Royaume-Uni, mais pas en France.
L'avocate de Sabine Rinckel a concentré ses attaques sur le bailleur social, CUS Habitat, accusé d'être responsable de l'état de sa cliente car c'est lui « qui donne l'autorisation aux opérateurs » téléphoniques d'implanter des antennes-relais sur les toits de ses logements.
Outre un relogement en « zone blanche », Sabine Rinckel réclame 5 000 euros pour préjudice moral. En réponse, le bailleur en a appelé à la puissance publique. « Ni l'Etat ni la science ne prouvent encore la nocivité des antennes-relais », a affirmé l'avocate de CUS Habitat, ajoutant que son client ne peut « aller au-delà de l'autorité publique ». La cour d'appel rendra son arrêt le 15 décembre.