Elle veut être préservée des ondes pour mener une vie normale. Le cas d'une strasbourgeoise souffrant d'électro-hypersensibilité (EHS) est examiné aujourd'hui par la cour d'appel de Colmar (Haut-Rhin). Sabine Rinckel, 44 ans, avait réclamé en première instance d'être relogée par son bailleur social, CUS Habitat, dans une zone blanche (non couverte par les ondes de téléphonie mobile) ainsi que le remboursement de neuf mois de loyer et 5 000 euros pour préjudice moral. « Je ressens des maux de tête, des douleurs dans les cervicales et des fourmillements. J'ai aussi des varices, voire des oedèmes aux mains et je fais parfois de la tachycardie. Tout ça me pourrit la vie », témoigne la plaignante, précisant que des examens médicaux ont démontré que ses maux ne sont pas d'origine cardiovasculaire.
La justice l'avait déboutée en 2006 en estimant que son bailleur ne pouvait être tenu pour responsable de « facteurs extérieurs » et en qualifiant de « subjectifs » les troubles évoqués. Depuis, le cancérologue parisien Dominique Belpomme a conclu que Sabine Rinckel souffre effectivement d'EHS et a recommandé sa « mise à l'abri ». « Il n'existe plus de zone blanche dans l'agglomération. Nous sommes démunis face à ce cas qui relève de la santé publique », répond le président de CUS Habitat, Philippe Bies. Il indique avoir contacté d'autres offices HLM pour proposer des appartements dans des zones plus préservées. Une solution que pourrait accepter Sabine Rinckel, qui a déjà fait l'objet d'un premier relogement en 2004 à Strasbourg sans que sa situation ne s'améliore.