Sur le papier, l'idée peut sembler bonne : donner des cours de français à certains immigrés, dès leur pays d'origine, pour qu'ils puissent s'intégrer rapidement à leur arrivée en France. Voilà en substance ce qu'instaure le décret sur l'évaluation du « degré de connaissance de la langue et des valeurs de la République », prévu par la loi sur la maîtrise de l'immigration du 20 novembre 2007, qui va être publié au Journal officiel demain, comme l'a révélé Le Figaro, dans son édition d'hier.
Ces cours de deux mois maximums, obligatoires à partir du 1er décembre pour espérer obtenir un visa, comporteront des questions du type : « En France, une jeune femme peut-elle travailler sans l'autorisation de son mari ? ». Les migrants possédant des bases de français rudimentaires en seront dispensés, et en réalité, le dispositif concernera très peu de monde. Contacté hier, le ministère estime le nombre d'élèves potentiels à 30 000, soit le nombre d'adultes autorisés à mettre les pieds dans l'Hexagone au titre de l'immigration familiale.
Seulement, selon le rapport 2006 du Haut Conseil à l'intégration, 12,5 % des migrants qui ont signé le contrat d'accueil et d'intégration - préalable nécessaire pour voir sa carte de séjour renouvelée ou obtenir sa carte de résident - « ont une communication impossible en français ». Ce qui signifie que seul 3 750 personnes par an ont un besoin avéré d'apprendre la langue de Molière. En somme, l'immense majorité des 200 000 nouveaux arrivants seront dispensés de cours. Le décret précise même que lesmoins de 16 ans, les plus de 65 ans, ainsi que les ressortissants de pays en guerre et déclarés en état de catastrophe naturelle n'auront pas à prendre de leçons.