Une indignation polie vibre dans la voix de Richard Ivory, habitant de Manhattan, quand on lui demande quelles sont les réactions de la communauté afro-américaine à son encontre. Pas facile d'être républicain quand votre communauté soutient à 84 % le candidat démocrate : « Pour certains, vous êtes un vendu, un traître à votre race, parce que vous devez être en faveur d'Obama. Mais, les enjeux qui comptent pour moi sont différents de ceux d'un autre Afro-Américain, parce que je réagis en tant qu'individu. »
Il revendique un soutien sans concession à Israël
A 30 ans, il anime le blog Hiphoprepublican et travaille dans une organisation d'aide aux personnes souffrant de troubles mentaux. Discret sur la fracture de sa vie - après avoir été élevé dans la foi des Témoins de Jéhovah, il a rompu avec sa famille et s'est converti au catholicisme -, il revendique ses convictions néoconservatrices en matière de politique étrangère, notamment son soutien sans concession à Israël.
Pour lui, trop de zones d'ombre chez Obama
L'idée de voir pour la première fois un Noir accéder à la Maison Blanche n'a pas fait vaciller ses convictions républicaines. « Il y a quelque chose de sinistre dans l'idée que parce qu'il est noir, je dois voter pour lui. J'aimerais voir un président noir à la Maison Blanche, mais pas Barack Obama. S'il s'agissait d'un candidat noir et républicain, ce serait différent, mais, pour autant, devrais-je demander à tous les Noirs de voter pour lui ? »
Le parcours de Barack Obama lui paraît porter trop de zones d'ombre. « J'ai lu son premier livre [Les Rêves de mon père] qui, selon moi, ne montre que ce qu'il veut nous raconter de son histoire, mais peut-être pas la vérité. Or, si vous voulez devenir président des Etats-Unis, tout le monde doit tout savoir de votre vie. »