Obama a cassé sa tirelire pour parler aux Américains, via des histoires d'Américains

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Publié le 30 octobre 2008.

USA 2008 - La pub géante de 30 minutes du candidat démocrate était diffusée hier soir...

De notre correspondant à Los Angeles

Estocade finale ou initiative megalo mal calculée, la pub géante d’Obama faisait causer avant même sa diffusion mercredi soir. A 20 heures, trois des principaux networks (CBS, NBC, Fox --seule ABC ayant décliné, préférant garder Pushing Daisies) et quelques autres, dont l’importante chaîne latino Univision, ont laissé leur antenne au spot de 30 minutes acheté à prix d’or par le candidat démocrate (entre 3,5 et 5 millions de dollars au total).

 

Verdict? Jugez par vous-même.

 

 

Ca s’appelle «Histoires américaines, solutions américaines». Ca commence par un plan sur un champ de blé battu par les vents. L’image est belle, la musique de circonstance. La voix d’Obama le narrateur parle des temps difficiles mais «de l’espoir et l’optimisme» qu’il a malgré tout rencontrés sur les chemins de l’Amérique.

 

Tout le film alterne entre des témoignages d’Américains (la famille qui peine à remplir le frigo, le couple de retraité avec le mari qui doit travailler pour payer les médicaments de sa femme etc) et Obama qui présente ses solutions (bien vu: le faux bureau ovale qui le montre très présidentiel, ainsi que les bullet points à l’écran pour marquer les esprits).

 

Rien n’a été laissé au hasard par Davis Guggenheim, récompensé par un Oscar pour le documentaire d'Al Gore, «Une vérité qui dérange». Les histoires se passent dans les swing states (Missouri, Ohio, Caroline du Nord), avec des gouverneurs de ces Etats chantant les qualités d’Obama. En bonus, le PDG de Google, Eric Schmidt, explique qu’il soutient le démocrate «car son plan économique est le meilleur».

 

Le film cherche aussi à humaniser Obama, parfois décrit comme trop distant. On n’échappe pas aux anecdotes sur sa mère qui le réveillait à 4h30 ( !!?) du matin pour lui faire réciter ses leçons. Il évoque aussi sa mort d’un cancer (en 1995), l’absence de son père, son lien avec ses filles qu’il appelle «chaque soir».

 

«Obama a trahi sa parole»

 

Comment exister pour McCain, quand le même jour, vous avez Obama qui se paie 30 minutes en prime time, tient un meeting avec Bill Clinton en Floride et est l’invité du comique John Stewart (dans le Daily show)? Toute la journée, McCain s’est moqué de cet «infomertial», expliquant que s’il était président, il ne «retarderait jamais la finale de baseball» comme la pub d’Obama. Et invité chez Larry King, sur CNN, il s’en est pris à l’argent dont dispose Obama, estimant que ce dernier avait «trahi sa parole en renonçant au système de financement public».

 

Aux 30 minutes qui ne contenaient pas une seule attaque contre lui, McCain a riposté sur Fox juste après la diffusion avec 30… secondes et une pub «Obama n’est pas encore prêt». On fait avec les moyens du bord!

Philippe Berry, à Los Angeles
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