Surprise! Amadou et Mariam, le duo malien qui a fait un carton avec «Dimanche à Bamako» - l’album leur a valu une Victoire de la Musique et deux BBC Radio 3 Awards, changent de ton. Dans leur nouvel album, «Welcome to Mali», ils prennent un tour pop. La marque de Damon Albarn, leader de Gorillaz et ex-Blur, qui donne de sa personne sur deux titres, «Sabali» et «Ce n’est pas bon». Interview du duo qui, quand il n’est pas à Bamako ou en tournée, loge dans un appartement de Montreuil, la «deuxième capitale du Mali tant il y a de Maliens qui y habitent», sourit Amadou.
Que veut dire «Sabali», le titre de votre nouveau single? Amadou: Cela signifie la patience. Celle qu’il faut avoir quand vous allez chercher des papiers administratifs par exemple... C’est Damon Albarn qui a composé la musique de «Sabali», mais Mariam qui a écrit les textes.
Comment définiriez-vous Damon Albarn? Mariam: Il est très très travailleur. Il a toujours quelque chose à faire, et il veut que chacune de ces choses soit différente. Amadou: Il parle peu mais il essaie plein de trucs sur une foule d’instruments (au piano, au mélodica, à l’harmonica ou la guitare) pour trier le bon du mauvais. Notre collaboration a prouvé que nos milieux sont compatibles, que l’on soit Anglais ou Africain.
Pourquoi avez-vous voulu d’un son plus pop? Amadou: On l’a voulu parce que la musique world n’est pas autant écoutée que la musique pop. Or on veut que notre musique soit universelle. On veut que nos chansons plaisent aux Japonais et aux Américains aussi.
Si vous avez glissé quelques mots en anglais dans vos chansons, c’est pour que votre musique atteigne davantage un public non francophone ou parce que vous ne trouviez pas les mots qui allaient en français? Amadou: C’est encore pour rendre notre musique plus universelle... (rires)
Comment vous êtes-vous rencontrés, tous les deux?
Mariam: En 1975, à l’institut des jeunes aveugles de Bamako, au Mali. A l’époque, j’y étais élève et apprenais le brail. Amadou: Moi, je jouais dans la troupe de musiciens en tant que guitariste. Mariam chantait avec nous. Un an plus tard, à force de parler de musique ensemble, on a décidé de faire un duo.
Et vous êtes tombés amoureux l’un de l’autre? Mariam: Oui. Il faut dire qu’avant même que je rencontre Amadou, l’un de ses morceaux passait tout le temps sur les ondes d’une radio malienne. Ce morceau plaisait beaucoup. Et à moi aussi, il plaisait beaucoup. Puis on s’est marié en 1980 à Bamako... Tiken Jah Fakoly, avec qui vous collaborez aussi, a eu des soucis pour donner des concerts en Côte d’Ivoire. Et vous? Mariam et Amadou: Tiken Jah est Ivoirien et il chante sur des sujets politiques. Nous, on ne chante pas de politique, donc on n’a pas de problème!
Craignez-vous de ressentir des effets de la crise financière? Amadou: On attend de voir. Mais il est probable que cela se répercute davantage sur les ventes de disques que sur la venue du public aux concerts.
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