REACTIONS - Nicolas Sarkozy remet au goût du jour un classique des dernières années. Ce qu'en pensent les leaders de l'opposition...
Nicolas Sarkozy a fait du Lionel Jospin. Avec un
recours majeur aux contrats aidés, une des mesures phares développées par l’ancien Premier ministre socialiste avec les 500.000 emplois jeunes, le chef de l’Etat a «gauchi» sa politique.
A Rethel dans les Ardennes, l’endroit même où alors candidat à la présidence il s’était engagé devant «la France qui souffre».
Ce 19 décembre 2006, il avait notamment proposé le principe «que l’allocation-chômage ne puisse pas être inférieure au salaire minimum.» Mais à l’époque, il était resté ferme sur un point fondamental de sa politique sociale: créer un contrat de travail unique à droits progressifs.
Le contexte de la crise a obligé Nicolas Sarkozy à changer de cap, même s’il s’en est défendu pendant le discours. Mais puisqu’il faut bien justifier ce revirement, son entourage n’a cessé de marteler que «Jospin a eu recours aux emplois aidés en période de croissance, quand cela ne servait à rien.»
Lui les encourage aujourd’hui car il faut éviter «la casse sociale» dans une période «exceptionnelle».
«Beaucoup de promesses verbales»
Qu’en pense le PS? François Hollande a parlé d’un «meeting de campagne» avec «beaucoup de promesses verbales, de ‘‘moi je’’, et de “yaka”».
«Il n'y a pas de mesures décisives pour les Français qui sont dans l'inquiétude, le doute, qui s'interrogent sur la croissance et l'économie», a ajouté le Premier secrétaire du PS qui tenait exceptionnellement le point-presse hebdomadaire du groupe socialiste à l'Assemblée nationale.
«I
l a réinventé les contrats aidés et promis des Contrats de transition professionnelle (CTP) sans en dire le nombre. Avouez que dans ce contexte, c'est assez peu», a poursuivi Hollande. Rappelons que la notion de contrats aidés, bien que de naissance socialiste, n’est pas présent dans les motions déposées en vue du Congrès.
«Les mêmes recettes»
Même air de déjà-vu chez François Bayrou: «On a l'impression d'avoir entendu
ce même discours dix fois sous les gouvernements précédents.» Selon lui, «ce sont les mêmes recettes, elles peuvent être, ici ou là, pas inutiles».
Sur les contrats aidés, il déplore le temps perdu: «Ce qui reste au bout du compte, c'est qu'on va refaire ce qu'on avait défait, en attendant j'imagine de défaire ce qu'on aura refait. C'est l'éternel retour des solutions classiques dont l'ampleur est d'ailleurs assez faible par rapport à la crise qui arrive. Car 100.000 emplois aidés, à supposer que ces chiffres soient réels, ça n'est pas davantage que l'augmentation des demandeurs d'emplois sur deux mois».
Du côté de la gauche de la gauche, les réactions sont indignées. «
Ce plan, c’est du flou et de la provocation, a commenté Olivier Besancenot, en marge d’une manifestation à Strasbourg de plusieurs centaines de salariés venus majoritairement de l'usine General Motors locale et de l'usine Peugeot de Mulhouse. Ce que veut Nicolas Sarkozy, c’est généraliser la précarité, et on veut nous faire croire que les salariés de Renault seraient repris en CTP? Dans le bassin d’emploi du Havre qui est complètement flingué?»
Arlette Laguiller, présente également dans le cortège, a avoué son dépit: «On veut faire payer la facture de la crise aux salariés.
Ce que nous propose Sarkozy, ce sont des emplois dont on sait ce qu’ils donnent… Il faut qu’il y ait une explosion sociale dans l’ensemble du monde du travail pour que ça change.»
20minutes.fr