Interdire les open bars: oui, mais quels open bars?

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Publié le 28 octobre 2008.

SANTE – La loi de Roselyne Bachelot pourrait mettre à mal la vénérable Garden Party du président de la République...

C'est l'histoire d'un texte de loi mal rédigé, qui, en l’état, pourrait avoir des conséquences inattendues. Voulant interdire les «open bars», ces soirées où les étudiants peuvent boire à volonté, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot a préparé un texte qui remet en cause le principe des dégustations de vin, et même de la vénérable Garden Party du président de la République.

Le grand projet de loi de Bachelot, «Hôpital, patients, santé et territoires», a été présenté le 22 octobre en conseil des ministres. C'est une petite phrase dans le volet «alcoolémie» qui raye les open bar de la carte: «Il est interdit d'offrir gratuitement à volonté des boissons alcooliques dans un but promotionnel, ou de les vendre au forfait».

Sauf que la formulation est pour le moins ambiguë. «Tout dépend de ce que l'on entend par "but promotionnel"», relève Alexis Capitant, directeur général de l'association Entreprises et prévention qui représente les intérêts de 19 grandes marques d'alcool. «Lors du salon de l'agriculture, les visiteurs payent un forfait à l'entrée et peuvent boire à volonté en passant de stands en stands. Va t-il falloir changer les règles du salon de l’agriculture?», interroge t-il.

Les viticulteurs «inquiets»


Mis au courant du problème, le ministère de la Santé promet de revoir sa copie: «S'agissant des opérations de dégustation, comme c'est le cas du salon de l'agriculture, nos services étudient la possibilité d'un amendement correctif», nous répond-on. De quoi préserver aussi la Garden Party de Nicolas Sarkozy, où des producteurs locaux font goûter leurs vins aux convives.

Mais en attendant que le texte soit remanié, Marie-Christine Tarby-Maire, qui représente les intérêts des viticulteurs au sein de l'association Vin et société, se dit quand même «inquiète». Pour calmer le jeu, le Dr Alain Rigaud, président de l'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA), assure que le gouvernement, soutenu par son association, ne veut s’attaquer qu’aux «open bars» destinés aux étudiants, accusés d’encourager le «binge drinking».

De la difficulté d’être «invité»

«Quand une marque de voiture organise une soirée pour le lancement d'une nouvelle voiture en invitant des partenaires et des journalistes avec un bar gratuit, il n’y a pas de problème car ce n'est pas pour faire la promotion de l'alcool. C'est une différence d'être "invité", comme dans ce genre de réception, et d'être "clients" comme le sont les étudiants qui payent un forfait pour boire à volonté», estime le Dr Alain Rigaud.

En somme, le texte de loi de Roselyne Bachelot devrait évoluer vers la suppression des «open bars» payants et le maintien des «open bars» gratuits (soirées promotionnelles pour des marques non alcoolières, vins d'honneur, etc...). Le tout est d'être «invité», donc. Les étudiants apprécieront.
Vincent Glad
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