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Le retour des contrats aidés

Le Président Nicolas Sarkozy (D) sert la main d'une personne travaillant à la Société dijonaise d'assistance par le travail qui emploie entre 160 et 180 personnes en contrats aidés , le 02 octobre 2007 à Dijon,
Le Président Nicolas Sarkozy (D) sert la main d'une personne travaillant à la Société dijonaise d'assistance par le travail qui emploie entre 160 et 180 personnes en contrats aidés , le 02 octobre 2007 à Dijon,/Eric Feferberg AFP/Archives

DECRYPTAGE - Nicolas Sarkozy a annoncé ce mardi une nouvelle augmentation du nombre d’emplois aidés...

Créés par Jospin, mis au placard par Raffarin, exhumés par Villepin et de nouveau enterrés par Sarkozy en 2007, les contrats aidés semblent ressusciter. Ce mardi, Nicolas Sarkozy a en effet prévu d’en ajouter 100.000 aux 230.000 déjà inscrits à la loi de finances 2009. Explications.

Qu’est-ce que c’est un contrat aidé?

Destinés aux jeunes non qualifiés et aux bénéficiaires des minima sociaux, ils permettent aux employeurs, principalement des associations et des établissements scolaires, de bénéficier d’exonération de charges et de subventions directes. Il s’agit le plus souvent de contrats à temps partiel et à durée déterminée.

Le Contrat de transition professionnel (CTP) est-il aussi un contrat aidé?
Pas vraiment. Il est destiné à aider les licenciés économiques des entreprises de moins de 1.000 salariés. Actuellement testé dans quelques bassins d’emploi, il sera généralisé en remplacement des conventions de reclassement personnalisé déjà existantes. Il permet de travailler en CDD ou en intérim tout en maintenant ses revenus antérieurs grâce à un complément de salaire versé par l’Etat.

Ces mesures seront-elles efficaces pour lutter contre le chômage?
Les contrats aidés vont permettre de compenser, statistiquement, les pertes d’emploi à venir. Pour Eric Heyer, directeur adjoint de l’Observatoire français des conjonctures économiques, il s’agit «d’amortir l’incidence de la conjoncture sur le chômage», pas de créer des emplois «utiles». «Quand il n’y a plus suffisamment de croissance, l’Etat prend le relais en créant des emplois dans le secteur public», explique-t-il.

Ces emplois aidés se transformeront-ils en CDI?
Non. Pour Eric Heyer, ils n’ont pas vocation à être «pérennes». «Pour que ces mesures soient efficaces, il faut les activer au moment d’un retournement de conjoncture et les détruire quand le chômage repart à la baisse», précise-t-il.

Mais pour les premiers concernés (jeunes, chômeurs longue durée, rmistes,..), ils sont tout de même une aide: «Ils permettent aux jeunes d’acquérir une première expérience et aux adultes de revenir sur le marché de l’emploi», explique Amaria Sekouri, chargé de mission au Conseil national des missions locales.

Après avoir été décriés, c’est le retour en grâce des emplois aidés?
Après avoir voulu la diminution du nombre de postes aidés, Nicolas Sarkozy réagit maintenant «à la dégradation de la conjoncture comme d’autres l’ont fait d’autres avant lui», explique Jacques Freyssinet, président du conseil scientifique de centre d’études et de l’emploi, dans un entretien au «Monde».

«La droite sous Villepin avait également créé beaucoup d’emplois aidés», ajoute Eric Heyer. «Mais en en détruisant d’autres dans le même temps», précise-t-il. La situation est la même aujourd’hui. «Il y a eu 140.000 destructions en 2008. Donc 100.000 emplois supplémentaires, cela correspond plus à l’arrêt de la destruction des contrats aidés qu’à leur retour».
A.L.
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