SANTE - La ministre a indiqué qu'elle ne s'opposerait pas à «un amendement parlementaire»...
L'alcool pour les mineurs, non. La pub pour l'alcool sur Internet, pourquoi pas. Roselyne Bachelot a annoncé qu'elle ne s'opposerait pas «à un amendement parlementaire» actualisant la loi Evin «en autorisant la publicité sur Internet», dans une interview parue dimanche
sur le site lefigaro.fr.
«La loi Evin que j'ai votée n'a pas pris en compte Internet, car ce média n'était, à l'époque, pas aussi développé qu'aujourd'hui», a rappelé la ministre de la Santé ajoutant que «les sites de vente à l'étranger, eux, prospèrent sans obstacles».
Garde-fous contre les pop-up et les spams
Roselyne Bachelot entend toutefois «prévoir des garde-fous», dont l'interdiction des «techniques intrusives comme les spams ou les pop-up, des publicités qui surgissent de manière spontanée sur le Web». La promotion de l'alcool «devra être assortie de messages sanitaires parfaitement visibles, adaptés à Internet, et respecter la neutralité imposée par la loi Évin», ajoute-t-elle.
La ministre demande également que «les sites dédiés à la jeunesse, au sport et aux activités physiques» soient «absolument exclus du champ d'application de la loi».
Claude Evin d'accord avec la ministre
Plusieurs associations de prévention en alcoologie ont écrit au Premier ministre François Fillon pour l'alerter sur les risques qu'il y aurait à autoriser la publicité généralisée sur l'Internet pour les boissons alcooliques.
«Je tiens à rassurer les associations (...) Je serai extrêmement vigilante sur l'application de cette réforme. (...) Nous installerons un comité de suivi qui veillera au respect de la loi et s'assurera de l'absence de tout contournement», assure encore Roselyne Bachelot dans son interview.
Claude Evin, l'ancien ministre socialiste à l'origine de la loi qui porte son nom, s'est dit globalement d'accord avec la ministre. «On ne va pas interdire toute publicité sur Internet parce que la toile est mondiale et que ce serait absurde»,
a-t-il déclaré sur France Info en invoquant un «principe de réalité».
Avec agence