JUSTICE - Reçus vendredi soir à la Chancellerie, ils sont repartis en «insatisfaction totale»...
Deux heures de dialogue pour rien. Les deux principaux syndicats de magistrats ont dénoncé un «dialogue de sourds» après avoir été reçu par la garde des Sceaux, Rachida Dati, vendredi soir. La veille, la profession s’était mobilisée lors d’une
journée de manifestations partout en France contre la
politique judiciaire de la ministre.
Le secrétaire général de l'USM, Laurent Bedouet, a fait part d'une «insatisfaction totale à propos des réponses apportées aux inquiétudes exprimées lors du mouvement» de jeudi, concernant «la conception du parquet» et «les assurances sur le budget de la justice».
Pas d’enquête interne
Pour la secrétaire générale du SM, Hélène Franco, «Mme Dati est dans le déni de la réalité et des problèmes» alors que «des milliers de gens étaient dans la rue» jeudi pour dénoncer sa politique.
De son côté, le porte-parole de la ministre, Guillaume Didier, a évoqué une discussion «constructive» au cours de laquelle «Rachida Dati a réaffirmé son attachement à l'indépendance des juges» et rappelé que les magistrats du parquet étaient «sous son autorité» et recevaient de sa part «des instructions de politique pénale».
Seul motif de satisfaction de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) et du Syndicat de la magistrature (SM, gauche): Rachida Dati a confirmé qu'il n'y aurait pas de poursuite disciplinaire contre les magistrats visés par
une enquête interne à la suite du suicide d'un mineur à la prison de Metz-Queuleu.
avec agence